Républicains et Laiques Audois

jeudi

26

septembre 2002

Sensibilité dans l’humour

Ecrit par , Posté dans Non classé

Dimanche dernier, dans une émission TV de l’après-midi, l’on évoquait la libération humanitaire pour raison de santé d’un condamné pour « complicité de crimes contre l’humanité », que l’on a pu voir sortir de prison « à la Pinochet ».

Une résistante sollicitée de donner son avis y faisait une comparaison : « lorsque mon chien a été malade et qu’il allait mourir, je l’ai autorisé à rentrer dans la maison ». En raison de la personnalité l’ayant prononcée, cette phrase a été reprise dans la deuxième partie, comme l’un des moments forts de l’émission.
C’était l’application d’une décision de justice…Cela n’annule pas une condamnation qui n’a pas été effacée… en tout cas pas pour le moment !…
Il est vrai que l’humanité doit prévaloir et qu’elle se grandit face au crime… Mais pourquoi l’application de cette loi débuterait par ce cas discutable mais prévisible puisque, dès le vote au Sénat, on parlait déjà de « l’amendement Papon » ? Est-ce que les avocats des autres prisonniers sont moins motivés ? Est-ce que la solidarité idéologique est plus forte que le désir de justice égale pour tous ?
Certaines parties civiles au procès Papon, familles des victimes, n’ont pas manqué de rappeler que les vieillards raflés en 1941 n’ont pas bénéficié de lois humanitaires et que les enfants de tous âges envoyés dans les camps d’extermination dans des wagons à bestiaux, gazés dès leur arrivée, n’ont même pas mérité des regrets du signataire des ordres à l’origine de leur rafle.
Face à l’inhumain il coûte de faire certaines comparaisons. Comme le faisait remarquer l’humoriste Philippe Gelluck, sur France 2, après la rediffusion du commentaire de Lucie Aubrac : « Après tout son chien n’avait rien fait de mal !».
Quand l’humour exprime bon sens et sensibilité profonde !
Raymond BELTRAN
le 26 septembre 2002