Républicains et Laiques Audois

vendredi

22

mars 2013

« San Francisco ou Yerba Buena : naissance d’une métropole à partir du néant »

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Pourquoi cet exposé ?
C’est un peu le hasard des lectures mais aussi une curiosité ancienne partagée avec le sentiment du peu de temps passé depuis lors comparé à ce que nous connaissons maintenant de cette ville mythique. C’est la convergence de ces deux causes qui m’a incité à partager mon intérêt avec vous.

Sans allonger le récit je remonterai jusqu’à mon enfance avec mes lectures de romans mexicains qui mettaient en scène un personnage de « pleutre résigné » face aux nouveaux dirigeants qui manquaient de savoir vivre, mais il était en réalité El Coyote, un justicier qui pourchassait masqué les responsables d’injustices et les marquait d’infamie en leur enlevant le lobe de l’oreille d’un coup de revolver bien ajusté. C’était dans la période trouble où la Californie était devenue « gringa » et que les mexicains restés sur place cohabitaient avec les américains qui s’y installaient en conquérants, condescendants avec les chicanos. Les rediffusions Tv de Zorro, devenu héros hollywoodien, m’ont rappelé ces lectures. (1) et (2)

Puis, je reviendrai à mes lectures d’adolescent qui m’ont permis de découvrir, entre autres, Blaise Cendrars et « L’or » qu’il écrivit en 1925 et qui racontait l’histoire vraie, même si elle était un peu romancée, du Suisse Johan August Sutter, qui, parvenu en Californie après beaucoup de pérégrinations en marge de la légalité, s’installa dans un pays peu habité, dont il devint propriétaire de 900 km² de terres avec plus de 1 200 têtes de bétail et 100 employés, immensément riche avant d’être ruiné par la découverte de l’or sur ses terres qui furent spoliées par les chercheurs de pépites.

Des années passant encore, un jour je lus il y a peu un livre de Michel Le Bris qui me fit plonger dans le moment de l’arrivée en Californie des américains et d’une population hétéroclite d’aventuriers que la ruée vers l’or provoqua et dont la terminaison de la ligne du train transaméricain après la découverte finit par rendre l’accès plus facile. Ce livre me fit vivre l’ambiance de cette époque, la diversité ethnique, l’absence de la moindre légalité dans ce qui était réellement le Far West. Il me permit de connaître la présence sur place à ce moment de Jack London et d’autres personnages devenus célèbres après comme Lola Montés.

Les archives que Michel Le Bris put compulser et qu’il cite dans son livre, les personnages qu’il fait vivre ainsi, les descendants rescapés de cette période qu’il rencontra, après 1968, à peine 100 ans après ces évènements, me donnèrent envie de savoir davantage sur la Porte d’Or, dont il reste le nom de Golden Gate donné au pont sur la baie. Michel Le Bris, par ailleurs ancien collaborateur de Sartre, me fit découvrir ainsi l’arrivée en Californie, à San Francisco, des refugiés de la vieille Europe dont les exilés républicains français proscrits, nombreux à y venir, ce que j’ignorais.

« Asile du Diable et de Dieu, Sans Francisco, en 1850, est à la fois bourbier et pays de cocagne » commente Le Monde en évoquant le livre de Le Bris. « 1848, c’est aussi l’année de la découverte de l’or en Californie. Et, il serait temps de s’apercevoir que ceux qui s’y précipitèrent alors de toute l’Europe n’étaient pas simplement des ‘aventuriers’ avides, mais bel et bien, pour l’essentiel de quarante-huitards parmi les plus radicaux, ou les plus nostalgiques » précise cet auteur.

Mais il est temps de compléter mes sources.

Claudine Chalmers a étudié le passé de la Californie en relation avec l’arrivée sur place des Français. Le Consulat Général de France à San Francisco a repris et diffusé ses recherches. Je m’y réfèrerai aussi.

Commençons par un peu d’histoire.

François Galaup de la Pérouse avait fait escale dans la baie de Monterey en 1776. Il observa qu’il y avait là une mission du Carmel fondée en 1770 et un village indien de 50 cabanes avec 740 indiens convertis au catholicisme. Il constata la richesse des terres agricoles et les nombreuses ressources de la mer. Mais il ne remarqua pas l’existence de San Francisco. Entre 1830 et 1840 vinrent se fixer sur place des vagabonds de toute origine, attirés par la pêche et la chasse aux loutres.

La Californie, bien que connue depuis le 16è siècle, n’était peuplée que d’indiens et elle avait vu depuis peu seulement s’installer des missions de franciscains, les espagnols ne voulant pas laisser le pays vide devant la venue de marins russes chassant les baleines et d’autres trappeurs chasseurs de loutres à la fin du 18è siècle. Entre le 16è siècle et le 18è le Pacifique était considéré comme un lac espagnol entre les Philippines et l’Amérique. Ces missions donnèrent leur nom aux lieux où elles s’établirent. Des forts avec deux ou trois dizaines de soldats défendaient ces missions. Ce n’est qu’en 1822 que le Mexique devenu indépendant en 1821 intégra la Californie dans son territoire.

Par la bataille de Buena Vista, Jefferson Davis prit au Mexique les territoires au-dessus du Rio Grande en 1846. Mais la Californie du Nord, ne fut acquise définitivement par les jeunes EE. UU. que par le Traité de Guadalupe Hidalgo du 2 février 1848. Depuis 1846 et jusqu’en 1850 où elle devint le 31è Etat de l’Union, l’administration de ce pays se fit en partie par les mexicains, en partie par les américains qui s’y installaient à peine et de manière plutôt floue. Ce fut un Etat de non droit par certains aspects. Il y a eu une période de transition et de vacance partielle de tout pouvoir administratif et judiciaire installé après 1846, absence qui se fit sentir surtout entre 1848-1850 et 1853.

C’est dans cette période que se situe la découverte de l’or et le dépouillement de Sutter. C’est ici que se situe le début de cet exposé.

En 1839 la Californie mexicaine avait pour capitale Monterey et comprenait 35 000 habitants sur la totalité de son territoire, dont 5 000 blancs et 30 000 indiens. Un certain nombre de Français, certains venus du Canada, s’étaient établis en Californie et un Bordelais, Jean-Louis Vignes, lança déjà alors une culture du vin californien…

Mais… « En 1852, la population de la Californie a plus que décuplé pour arriver à 250 000 personnes. C’est pratiquement le monde entier qui a participé à la ruée vers l’or. On peut lire sur les registres que des gens sont arrivés du sous-continent indien, de tous les pays d’Europe aussi, d’Australie, d’Amérique du Sud et, bien entendu, en particulier des Etas Unis. »

Alors que… En 1837 San Francisco s’appelait Yerba Buena et ne comprenait que deux constructions, selon une aquarelle de l’époque. San Francisco est une mission franciscaine entourée de huttes de pêcheurs en terre battue. En 1848 San Francisco est devenue une bourgade de 850 habitants. Ne se sont écoulés que 154 ans aujourd’hui de cela, à peine plus de 100 lorsque Le Bris cherchait les descendants des pionniers de l’époque et qu’il évoqua avec eux ce temps dans le livre déjà cité.

Et une présence française :

« Dans les six premiers mois de 1849, 1 500 aventuriers déferlent sur San Francisco et 25 000 dans les six mois suivants » dit Le Bris. « Le 14 septembre 1849, le voilier La Meuse arrive au port avec à son bord 50 chercheurs d’or français. Deux ans plus tard ils seront 20 000… » « Dès les premiers mois de 1850, les banques Rosthchild, Lazard, Delement ouvrent des succursales, parfois dans des cabanes en planches… » « En 1853, San Francisco compte même 3 journaux et deux théâtres exclusivement français, sans compter les maisons de jeux… »

Il est temps de parler d’un personnage connu, Alexandre Dumas, dont on ignore sa participation à certains événements historiques et son affairisme. Il était dans son bateau dans le port de Palerme quand Garibaldi avec ses chemises rouges prenait la Sicile et dans le port de Naples ensuite suivant sa progression vers Rome. Il organisa en France en 1849 une loterie dite du Lingot d’or pour financer l’émigration de français en Californie. San Francisco, avec son appel vers l’or a été un débouché pour des quarante-huitards déçus, quittant le Second Empire naissant.

« Trois itinéraires possibles vers les terrains aurifères s’offrent aux quelques 80 000 américains qui quittent la côte Est. Par train, le voyage prend jusqu’à 6 mois. Par bateau, en contournant l’Amérique du Sud, il peut aussi durer six mois. Ou bien encore par voie maritime et terrestre en empruntant l’isthme de Panama le chemin le plus court mais aussi le plus coûteux » J’ajouterai le plus risqué pour le paludisme endémique dans la région.

C’était le voyage en bateau en passant par le Cap Horn que des milliers de français entreprirent après 1848 fuyant l’évolution de la République vers l’Empire, dans leur rêve de fortune. Après l’arrivée de La Meuse des douzaines de navires français lui succédèrent chaque mois.

« La presqu’île où s’élève Sans Francisco, inconnue, déserte il y a deux ans ; aujourd’hui couverte de maisons en planches, en tôles, de toutes formes et de toutes grandeurs, s’étageant en amphithéâtre, abritant une population d’aventuriers, de vagabonds, de banqueroutiers, de repris de justice, de marchands, de banquiers, de marins déserteurs, des croupiers, de toutes les parties du monde » la décrit un de ces arrivants.

Ruée vers l’or :

L’or a été découvert en janvier 1848. Dès juin 1848 les gens sur place désertent leurs emplois et partent à sa recherche. Tout se vide et les ruisseaux se gorgent de chercheurs. Entre 1848 et 1854 c’est une recherche avec des individus seuls avec leurs battes mais se retrouvant en foule, presque à se toucher, tant ils sont nombreux. Puis ce sont des machines qui entrent en jeu avec du matériel puissant et des torrents d’eau et de boue. Des bateaux abandonnés au port par leur équipage sont ensevelis par la boue qui dégringole et restent à jamais figés, devenus les fondations de certains quartiers de San Francisco ainsi gagnés sur la baie.

« Cependant, seule une poignée des gars de 49 sortira riche de l’aventure. En 1849, La Californie a produit dix millions de dollars en or divisés par une moyenne de 40 000 mineurs, cela fait approximativement 250 dollars par tête. Mais les gens continuent d’affluer par centaines et par milliers, attirés par les histoires extravagantes qu’on raconte sur cette ruée. » « En 1851 la production atteint 77 tonnes. La majeure partie part pour l’Est du pays, une cargaison annuelle dont la valeur dépasse le budget fédéral tout entier. En 1853 on atteint les 93 tonnes mais l’or facile qu’on pouvait laver à la battée dans les ruisseaux est d’ores et déjà pratiquement épuisé, l’heure du déclin a sonné pour la ruée vers l’or californien. L’aventure n’aura duré que quatre courtes années mais elle reste fondamentale pour le développement à venir de l’Ouest américain. »

Je cite Claudine Chalmers : « Les années 1849 à 1852 représentent une période impossible à quantifier. Rien n’y est stable, rien n’y est permanent et les pulsions sauvages qui animent les hommes peuvent à tout moment réduire à né ant le fruit d’un long labeur. Il n’y a pas de forces de l’ordre, pas de lois homogènes, les marins désertent, les capitaines perdent leurs navires ou s’en octroient la cargaison au détriment de leurs armateurs. Des milliers d’hommes déracinés venus de tous les pays du monde bivouaquent côte à côte dans la boue, la poussière, au milieu des puces et des rats, sans égouts, sans eau courante, sans les plus simples conforts, en ne rêvant que d’une chose : l’or. » « Ville de tentes et de bois, sans eaux canalisées, sans citernes, San Francisco est une ville phœnix qui brulera 7 fois entre décembre 1849 et juin 1852. »

Je regrette le temps trop limité m’empêchant de citer encore in-extenso des descriptions multiples de cette époque avec leur côté pittoresque et si humain.

Mais je voudrais encore aborder d’autres aspects de cette période qui sont rarement évoqués, sous forme de

Quelques remarques en conclusion :

– D’abord ce qu’on appellerait maintenant un désastre écologique : « C’est un épais torrent de boue, de graviers, de roches, qui, dès le milieu des années 1860 commença à dévaler les pentes, engorgeant les torrents, ensablant la Yuba »… « Le lit de la Yuba se trouva même dominer Marysville et les digues n’étaient pas sures… » Quand l’entrée de la baie de San Francisco se trouva en péril d’être obstruée on finit par interdire en 1874 l’exploitation hydraulique des mines d’or… » « Des montagnes de 1 200 m, il ne reste plus rien : disparues, dissoutes, broyées grain après grain- plus rien, qu’une vallée morte, un trou, une déchirure sur plus de 20 km, dans la pierre… »

Un ravin d’alors est devenu ainsi California Street, et Montgomery Street se trouvait au bord de la rive. Une partie de la baie a été ainsi comblée.

– Ensuite, je voudrais citer La Fiévre de l’Or un autre livre de Michel Le Bris. Il y remarque que l’afflux d’immigrants en 1850 avec la diversité des origines et des moralités déficientes créé des problèmes de subsistance et d’ordre. Les Dix commandements du Mineur ne sont officialisés par une loi fédérale qu’en 1853. En attendant, et en raison des évolutions technologiques rapides dans les exploitations il faut inventer des règles sociales et un respect de l’autre qui n’existait plus. Michel Le Bris souligne la réponse apportée alors par la multiplication des loges maçonniques. « Pas un village de chercheurs d’or, en effet, qui n’aie sa Mason Hall. La Western Lodge n° 98 est créée à San Francisco le 10 mai 1848 par des émigrants venus du Missouri. En 1853 on compte déjà quatre-vingt loges dans le Mother Lode : elles répondent à un besoin urgent de solidarité… » car le mineur franc-maçon arrivant dans un camp peut trouver aussitôt une assistance auprès des autres maçons. La première forme de société dans le Mother Lode fut donc une société secrète ! »

– Lola Montes fut durant quelques mois la maitresse de Sam Brannan lequel n’avait pas pu convaincre les Mormons de venir faire leur Etat de la Californie naissante. Il fut le premier à profiter des richesses qu’il sut prévoir, par un commerce actif profitant du nombre de chercheurs d’or. Lola Montès le quitta pour s’essayer à l’orpaillage sans succès et partit au bout de deux ans pour arpenter les Cours d’Europe avec la célébrité que l’on sait. Jack London suivit les chercheurs d’or en Alaska et ses chroniques en ont fait un modèle pour les reporters qui l’ont suivi ailleurs après lui.

– Des affrontements ethniques dont je n’ai pas parlé se sont produits dans cette période violente, entre chinois et américains entre mexicains et autres, etc. Les Français aussi y ont été impliqués.

– Les Français ont été jusqu’à 20 % de la population de San Francisco en 1851. La plupart de ceux qui n’allèrent pas vers les mines d’or se regroupèrent dans les rue Montgomery et Commercial, la French Town. Restaurants, cafés et le monopole de certaines professions les imposent et ils sont omniprésents aussi dans le domaine artistique.

« Deux banques, de grands magasins de nouveautés, tels que la City of Paris et la White House, des compagnies de viticulture, des maisons de vins, des entreprises agricoles, d’importantes blanchisseries occupent plus de vingt mille Français. Basques, Béarnais, Aveyronnais sont arrivés en grand nombre durant ces dernières années. Les premiers sont particulièrement prisés par des agriculteurs californiens, comme bergers. Le Midi a bougé jusque dans le Far-West. Dans ces parages où retenti l’accent à l’ail, les journaux français les plus lus ne sont nos grand organes parisiens, mais La Dépêche de Toulouse, La Petite Gironde et Le Petit Méridional. » Je voudrais ne pas oublier que les Bretons furent très nombreux à venir au début de cette geste : il reste de nombreuses traces de leur séjour, particulièrement dans les stèles des cimetières.

Je laisserai de côté la période qui nous est contemporaine pourtant si riche encore. La Californie avait 36,5 millions d’habitants en 2007, dont les trois quarts vivent entre Los Angeles, Sans Francisco et San Diego. Hippies, Black Panters et d’autres ont écrit une histoire nouvelle, après 1945, souvent en pointe. La Sillicon Valley, Hollywood etc. en ont fait de la Californie une icône du monde moderne et de la modernité.

Arrivé aux limites de ce texte, je voudrais simplement noter le plaisir que j’ai eu à parcourir cette histoire, bien plus large que cette planche ne peut l’évoquer. Je voudrais terminer en disant que le rêve de chacun sur ce sujet peut s’exprimer encore sur de multiples autres voies que je n’ai ait qu’ébaucher ici et qui sont bien documentées pour les curieux qui voudraient développer tel ou tel autre aspect de cette histoire.

Le 12 mars 2013
Raymond Beltran

  • (1) J’ai su par la suite que, bien sûr, le « Coyote» n’a jamais existé : il était le fruit de l’imagination d’un espagnol José Mallorqui Figuerola dans les années 1943 qui publia des romans et qui eurent un gros succès. Il mettait en scène un justicier qui en 1851 se dressait contre des yanquis impitoyables qui voulaient déposséder les espagnols propriétaires des mines d’or. Don Cesar de Echagüe, hispanique, étant le bien les envahisseurs américains le mal.
  • (2) Le « Zorro » du cinéma est, bien entendu, également faux. Fruit de la création en 1919 par Johuston McCulley dans un roman « The curse of Capistrano » du personnage de Don Diego de la Vega, dans le cadre de la Californie d’avant l’indépendance du Mexique. Il vient en aide aux opprimés par les méchants mexicains.

Mais à ce moment-là, en 1842, il n’y avait pas sur place de « haciendas » espagnoles ni rien d’autre que quelques pêcheurs.

Mais le personnage Zorro, comme celui de El Coyote, reste attachant, et toujours populaire. Hollywood l’avait compris en reprenant le personnage de Don Diego, qui ridiculisait le sergent Garcia, un mexicain.

R.B.   

Mes sources :

– « L’or » de Blaise Cendrars . Ed. Denoël, écrit entre 1910 et 1924

– « La Porte d’Or » de Michel Le Bris. Ed Grasset 1986

– « La Fièvre de l’or » de Michel Le Bris. Ed Les découvertes Gallimard 1988

– « Une Californie française » par Claudine Chalmers, auteur d’une thèse de doctorat à l’Université de Nice , en 1991 sur « L’aventure française à San Francisco pendant la Ruée vers l’or »

– « Historique de la présence française à San Francisco » par Annick Foucrier, agregée d’histoire et maître de conférences à Paris-13, auteur de « Le rêve californien. Migrants français sur la Côte Pacifique, XVIIIè-XXè siècles » Ed Belin 1999

– « La ruée vers l’or de Californie » par XXX

– Encyclopédie Universalis

– « La ruée vers l’or » documentaire sur ARTE, diffusé il y a quelques mois

– Garibaldi de Max Gallo