Républicains et Laiques Audois

mardi

1

avril 2008

Quelle actualité choisir ?

Ecrit par , Posté dans Non classé

De quel thème d’actualité doit-on se saisir quand on s’adresse à des lecteurs qui nous font la faveur de suivre ces élucubrations ?

Il n’en manque pas ces jours-ci. Même en faisant un tri par rapport à la ligne éditoriale choisie, il y a pléthore de sujets possibles. Le choix ne sera que subjectif, mais des raisons le motivent parfois.
Commençons par celui qui est médiatiquement le plus fort : le Tibet. Je ne le traiterai pas car je n’ajouterai rien à l’indignation exprimée par chacun sur l’oppression chinoise sur le peuple Tibétain qui dure depuis presque 50 ans déjà… et qui remplit tous les journaux aujourd’hui. Parce que je ne crois pas au boycott aussi. Il n’a jamais réussi ailleurs et il sera encore moins efficace à l’égard de la Chine.
Je ne dirai pas qu’il ne sert à rien de s’insurger quand il y a des violations des Droits, mais ici je ne vois pas ce que je pourrais ajouter au déferlement en cours. Des personnalités spécialisées occupent le devant de la scène, qui, dès les JJ. OO. passés, iront vers une autre cause plus médiatique. Ce n’est pas du cynisme mais du réalisme.
Ma voix n’ajouterait rien aux réactions entendues. J’ai tendance à soulever des questions qui restent dans la discrétion plutôt qu’à répéter ce que tout le monde dit. Mes articles cherchent un écho dans le milieu restreint qui les reçoit, sachant qu’ils ne peuvent pas soulever des mouvements d’opinion car leur audience reste limitée.
Parmi les autres thèmes délaissés par mon intérêt il y a Gaza, le conflit israélo-palestinien, le Liban, qui finissent par me lasser car tout le monde sait ce qu’il faudrait faire mais les extrémistes des deux bords s’arrangent pour que tout reste bloqué et que cela continue à empirer. Beaucoup d’écoeurement m’empêche de reprendre ce sujet.
Le Darfour, oublié de nouveau grâce aux pieds nickelés de « l’Arche de Zoé » après avoir eu la vedette, alors que rien du drame vécu par ses habitants n’a changé… L’Afghanistan, le Pakistan où le « talibanisme » reprend toujours du terrain…. Je n’ai rien à dire de nouveau par rapport à ce que j’ai écrit depuis plusieurs années, le site web en témoigne…
L’intolérance, les épurations ethniques qui se poursuivent ici par les armes, là par la pression sociale et quelques menaces crédibles, continuent à séparer des populations qui coexistaient depuis des siècles…
C’est l’Irak, bien sûr avec les massacres inter religieux entre chiites et sunnites, les vendettas et autres moyens d’extermination… C’est l’ex-Yougoslavie, partagée mais toujours source de conflits… Ce sont les débris de l’ex-empire d’URSS… La Tchétchénie… le Caucase… l’Iran, les montées intégristes en Algérie… Que dire de nouveau que je n’ai pas dit déjà, que l’on ne dise pas ailleurs aussi ?…
Mais comment ne pas exprimer encore mon incompréhension que l’on veuille assassiner des intellectuels parce qu’ils ont refusé tel ou tel aspect du Coran et qu’ils ont osé l’écrire !… Salman Rushdie au secret depuis 1989, Ayaan Hirsi Ali à la recherche de sa sécurité parce qu’elle a dit son dégoût de certaines pratiques courantes dans le monde musulman et qu’elle les a attribuées à la religion… Taslima Nasreen devant se cacher en Inde et, malade, s’en aller pour ne pas être tuée… Tel professeur toulousain ayant du abandonner son enseignement… Ils et elles ont exercé leur liberté de pensée… Les a-t-on oubliés ?
Un chef de gouvernement se démarque de tel député provocateur, qui diffuse un film sur le web, par peur des représailles terroristes sur la population hollandaise… Devant la menace d’attentats aveugles sur une population non concernée, on finit par abdiquer la liberté. On cède devant les intolérants par mauvais usage de la tolérance et par peur de représailles… Le terrorisme c’est cela : il gagne !
Que dire de plus sur l’otage Ingrid Betancourt gardée par des « révolutionnaires » qui vivent de la drogue et du commerce des otages en attendant, comme le Zangra du Fort de Belonzio qui domine la plaine chanté par Jacques Brel, le grand soir « qui ne viendra pas » …. Que dire du Zimbabwe si riche, ruiné par la démagogie irresponsable de son dictateur qui ne veut pas lâcher la proie du pouvoir et qui a entraîné la misère de tout son peuple pour l’assouvir ?…
Quel choix faire ?… Faut-il parler de tout ou s’autoriser seulement à aller dans un sens politiquement orienté ?… Peut-on être indépendant et appuyer sur tel ou tel événement, au risque de se voir reprocher de ne pas traiter les autres, ou continuer à dire ce qui s’oublie facilement, ce qui a une valeur en démocratie, ce qui sert à l’éducation civique, ce qui aide à la coexistence et qui, directement ou indirectement, aboutit à traiter de la laïcité, de la liberté ?…
Ces articles seront toujours imparfaits et resteront soumis à la critique objective ou partisane à partir du moment qu’ils deviennent publics. Ils ne seront jamais exhaustifs. Ils traduiront la volonté d’attirer l’attention sur des points qui me semblent importants. Ils s’appuient sur ce qui fait mal, ce qui fait réagir.
Si les assujettis à d’autres sont nombreux dans le monde, les sujets d’insatisfaction sont tout aussi nombreux…
Raymond BELTRAN
Le 01 avril 2008