Républicains et Laiques Audois

samedi

20

août 2016

Nous sommes en guerre !

Ecrit par , Posté dans Non classé

 

Nous sommes en guerre. Tout le monde le dit. Autant la classe politique que les observateurs et experts. Personne ne nie cette évidence après les attentats qui ont endeuillé la France et ceux qui endeuillent l’Allemagne, après la Belgique.

Personne ne nie plus cette évidence après des années d’angélisme bien pensant pendant lesquelles dire cela était politiquement incorrect. On prétendait alors qu’il ne fallait pas faire le jeu de ceux qui voulaient nous faire tomber dans cette problématique, comme si refuser de voir la réalité était le moyen de la faire disparaître.

Pourtant… on intervenait en Lybie, au Mali, en Syrie, puis en Irak, mais cela était loin et on ne voulait pas faire le lien car, en intervenant on défendait la liberté des peuples face à la barbarie rétrograde, mais on oubliait de s’organiser pour prévenir, ou limiter, les possibilités de répercussions en France, même si je ne crois pas, pourtant qu’il y ait un lien de cause à effet entre ces deux faits. Même si la France n’était pas intervenue là-bas, nous aurions eu les attentats car, de Ben Laden au Daesh, les islamistes ont décrété une guerre contre la civilisation occidentale, religieuse ou civile.

Ils ont voulu lever une « croisade » (dite par eux « contre-croisade ») pour éradiquer tout ce qui n’est pas musulman ou qu’ils considèrent comme pas bien musulman et pour revenir à l’éclat de l’expansion musulmane dans les premiers siècles de l’Hégire. Ils ont oublié que c’est en fermant les portes à toute innovation au XIIème siècle qu’ils ont entamé eux-mêmes leur décadence.

S’il ne m’appartient pas de choisir entre les réponses que les partis politiques proposent devant cette situation, je souhaite rappeler que ce n’est pas avec des arguments faux qu’on défend le mieux une cause juste. Je m’insurge contre l’affirmation que les attentats n’ont rien à voir avec la religion, que l’on dit contre toute crédibilité, prétendant ainsi protéger les musulmans. Les musulmans modérés se seraient mieux défendus eux-mêmes s’ils avaient réagi depuis longtemps et désavoué les intégristes qui parlaient au nom de l’islam. Leur silence les faisait devenir complices des intégristes et a permis  aux terroristes de progresser, leur ayant ainsi assuré un recrutement local.

Que les auteurs des attentats soient de mauvais musulmans c’est possible, mais ils agissent bien dans un contexte religieux et au nom d’une religion. Qu’ils soient mentalement détraqués c’est probable pour certains, que leurs instincts soient dépravés, c’est sûr quand on voit leurs agissements. Il y a certainement des explications diverses à leur action et à leur fanatisme barbare, mais ne tombons pas dans le refus de voir la réalité sous prétexte de tolérance envers une religion.

Nous savons bien que la majorité des musulmans n’est pas terroriste, qu’il y a aussi des « musulmans » qui ne sont pas pratiquants, et même qui sont athées, mais on les met tous, du fait de leur nom, dans une « communauté » religieuse dont les porte-parole sont des imams. Heureusement que des « civils », intellectuels ou membres de la société civile nationale réagissent de plus en plus pour demander cette mythique ouverture des portes qui adapte leur religion à notre époque et qui la fasse enfin sortir du contexte du lointain passé ! Il faut qu’ils arrivent à décléricaliser cette religion dite sans clercs !. Il faut que leur voix soit entendue dans les mosquées !

Il faudra que les musulmans fassent de l’ordre dans leur religion pour éviter l’amalgame terroriste/musulman. Ce n’est pas aux autres de le faire. Nous n’avons ni la qualification ni l’autorité pour cela. Mais il nous appartient de l’exiger pour pouvoir continuer à coexister.

Nous ne pouvons pas rester inactifs ni tendre l’autre joue quand il y a des attentats. Il est important de se défendre. Nous devons défendre notre civilisation et les droits qu’elle a fait émerger devant la barbarie et la prétention de vouloir imposer aux citoyens les prescriptions d’une religion que l’on maintient dans le passé..

La difficulté c’est que nos réactions doivent préserver et défendre la démocratie, les libertés fondamentales et le débat est ouvert sur la meilleure manière de le faire, avec un regard lucide sur la situation, mais avec le souci de maintenir les libertés que notre réaction ne doit pas compromettre. Mais notre action doit être efficace pour limiter sinon supprimer les actions terroristes. Elle ne doit pas se contenter d’apparences et de postures vaines car le combat sera long et sanglant. Pas d’angélisme. Pas de tolérance pour les intolérants.

Nous sommes touchés maintenant dans la proximité de nos villes, mais nous ne sommes pas seuls à souffrir des attentats. La guerre lancée par les djihadistes ensanglante aussi la Lybie, la Syrie et l’Irak, après une opération où nous nous sommes comportés comme des apprentis sorciers, pour chasser les dictateurs, croyant qu’en détruisant des États, dans le chaos organisé on allait faire surgir la démocratie. Toujours angéliques, dans une courte vue stratégique, incapables de voir que la destruction de toute l’organisation d’un État ne fait place qu’à l’anarchie, qui débouche sur la dictature.

Les guerres civiles qui en ont résulté sont des lieux d’une lutte pour la suprématie de courants religieux extrémistes, basés sur le fanatisme. Malheureusement le choix actuel est entre dictature militaire ou dictature religieuse.

Dans ce fond de guerre civile baignent aussi l’Afghanistan, le Pakistan, le Yemen, le Soudan, la Tchétchénie et d’autres pays encore. L’élimination des autres minorités religieuses non musulmanes n’est pas un dommage collatéral. C’est un objectif voulu par les islamistes. Les chrétiens sont visés mais aussi les djazidies, les hazâras et d’autres…

Nous assistons impuissants à tout cela, car les condamnations morales n’y changent rien auprès des fanatiques qui disent faire le djihâd et qui suppriment des tolérances traditionnelles et des cohabitations qui subsistaient depuis des siècles entre frères de sang qui avaient choisi des options religieuses différentes depuis des siècles.

Sur ce fond des musulmans s’entretuent, se massacrent allégrement tous les jours. Les rassemblements religieux chiites sont visés par des attentats meurtriers des sunnites, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, etc. Les chiites répondent…

Les djihadistes ont fait plus de morts musulmanes que non musulmanes. La folie et le fanatisme règlent des comptes anciens entre variantes de l’islam. Pendant ce temps, en France, en Europe, la gauche « bien-pensante » s’unit au pape François pour dire que cela n’a rien à voir avec la religion !…

Jusqu’à quand va-t-on encore dire et répéter sur tous les tons que nous n’avons pas une guerre de religions ? Jusqu’à quand va-t-on dire que des membres d’une religion ne veulent pas instaurer une suprématie de leur religion sur l’ensemble du monde et imposer à tous leur loi ? Le mensonge politique fait engranger des voix populistes et fomente un désir de vengeance, de se faire justice soi-même, ne confiant plus dans une classe politique qui refuse de voir une réalité que chacun perçoit pourtant sans peine !

En voulant protéger ainsi des musulmans modérés on risque fort de les désigner davantage aux extrémistes non musulmans.  Cacher la réalité c’est attendre le boomerang qui reviendra sur ceux qui se comportent en autruches politiques.

L’islam politique a débouché sur le djihad et le terrorisme. Dès qu’une religion est ou veut être dominante et imposer à tous ses préceptes, les libertés tombent.

La laïcité veut séparer le politique du religieux, chacun restant dans son domaine et n’empiétant pas sur l’autre. Ainsi les citoyens restent, eux, libres de choisir la confession qui leur convient, sans contrainte, qu’ils soient catholiques de tradition, musulmans d’origine ou d’une autre tradition familiale, ou athées.

Un pays laïque ne connaît pas le crime d’apostasie que le Coran punit de mort et que l’inquisition catholique menait naguère au bûcher pour les juifs convertis de force qui osaient pratiquer encore la religion juive. Il n’y a pas d’obligation religieuse imposée et le citoyen est libre de ses croyances. Mais les religions, si elles sont garanties libres d’exercer leur culte, elles doivent respecter la liberté des autres de croire ou ne pas croire, et respecter les lois du pays qui garantissent cette liberté. Les crimes au nom de la religion ne sont pas tolérables et l’on doit condamner ceux qui ne les condamnent pas.

Raymond Beltran

Le 30 juillet 2016