Républicains et Laiques Audois

jeudi

2

mars 2006

Non respect des tabous

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Une grande civilisation arabe s’est développée de Bagdad et Damas à Cordoue. En ce temps les cimeterres permettaient d’occuper des sols, mais l’on faisait appel à des artisans et des savants de toute origine. Ils donnaient le lustre aux Cours arabes.

L’Europe médiévale en bénéficia. Par eux, des connaissances oubliées après les invasions barbares nous parvinrent. Elles préparèrent notre Renaissance, prélude au monde moderne. Ce fut une continuité entre savants, qui se rendirent indépendants des injonctions théologiques, ce qui permit les progrès scientifiques et l’évolution de la pensée occidentale.
La décadence pendant plusieurs siècles de la brillante civilisation arabe, concorde avec des retraites militaires, mais aussi avec la fermeture à toute interprétation ou adaptation de la religion. L’enfermement religieux entraîna la perte de la liberté de penser, alors que l’Europe s’ouvrait progressivement à cette liberté.
Cela, des intellectuels musulmans le comprirent : ils se rendirent compte que la principale cause du déclin arabe venait du refus du progrès, de l’inertie d’une pensée limitée à la récitation et fermée à l’innovation. Ils voulurent « rouvrir les portes » à la Raison, à l’esprit critique, à l’Ijtihad, si présente pendant les premiers siècles de l’Islam.
Ils ne voulaient pas imiter les occidentaux, mais libérer les esprits pour, comme l’avaient fait les européens, vaincre la misère matérielle par l’accès à la liberté intellectuelle. Renouer avec l’intelligence était leur objectif. Ce défi a été repris par des intellectuels modérés qui veulent vivre au XXIè siècle et non au VIIè.
Plutôt que vouloir « le respect des tabous » de chaque religion, c’est vers la libre critique et la liberté d’expression qu’il faut aller si l’on veut progresser ensemble.
Raymond BELTRAN
le 02 mars 2006