Républicains et Laiques Audois

jeudi

13

novembre 2008

Lois bioéthiques

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Le Pape, lors d’une réunion de l’Académie Pontificale pour la vie, a mis en garde contre le don d’organes. Il a pris prétexte du trafic existant dans certains pays et des abus qui s’en suivent pour le faire.

La Stampa du 8 novembre qui commentait l’accession de Barck Obama à la Présidence des USA, relève en matière de bioéthique « les peurs du Vatican ». La Conférence épiscopale des EE. UU. avait appuyé les candidats républicains contre lui et considéré Obama comme le « porte drapeau du relativisme éthique et de la société sécularisée. » L’évêque de Kansas City avait même adressé un message radio et TV menaçant « d’enfer ceux qui votent Obama, qui est un fanatique de l’avortement. » Ce qui n’a pas empêché 54 % des électeurs catholiques américains de voter pour lui.
Parallèlement, Le Monde nous rappelait la Conférence annuelle des évêques français réunie entre le 4 et le 9 novembre. Le thème essentiel de leur rencontre était la bioéthique. La volonté exprimée a été celle de « peser » sur les débats publics et de former des « lobbyistes » (traduction personnelle) qui agiraient sur les élus politiques.
Nous avions déjà signalé la prise en main par le Vatican d’une offensive politique en cette matière. Cela se concrétise par des déclarations, des prises de position, qui ne restent plus dans les affirmations de grands principes, mais qui font des choix précis en cette matière pour provoquer des interdictions légales.
Qu’on nous entende bien. Loin de nous l’idée de refuser aux autorités catholiques le droit de se prononcer sur ce sujet et de dire à leurs fidèles ce qui leur est demandé de respecter en fonction de leurs croyances. Ce que nous contestons, ce qui motive notre réaction négative, c’est la prétention de contrer les évolutions sociales et celles de la recherche scientifique, en imposant leurs décisions à tous les citoyens.
C’est une constante chez nous de nous indigner de la pression religieuse pour imposer à tous des directives partisanes qui nous rappellent des précédents du passé quand les églises étaient toutes-puissantes : Giordano Bruno, Michel Servet, Galilée, le chevalier de la Barre, etc…. pour ne considérer que les plus célèbres. « L’église veut participer en encourageant la recherche et en considérant la souffrance, mais dans le respect de la personne humaine. » précise l’un de ces évêques.
Mais voilà le hic… qu’est-ce que respecter la personne humaine ? Est-ce chercher tout ce qui lui permettra de mieux vivre, de mieux résister aux maladies, en bénéficiant des recherches scientifiques de pointe ou bien bloquer les expérimentations pour les faire plier aux directives divines dont les évêques sont les auteurs ?…
El País du 6 novembre reprend une enquête qui s’est déroulée sur 21 pays sur la pratique religieuse : 70 % de ceux qui se reconnaissent religieux dans leur comportement disent ne faire aucun cas des consignes de leur hiérarchie en question de politique, de sexualité ou de vie de couple.
Ce qui attenue fortement l’impact des directives épiscopales sur les croyants. Mais cela ne doit pas faire négliger l’importance de la pression religieuse sur les élus politiques qui, eux, croyant à la dépendance des adeptes à l’égard de ces directives, en deviennent plus dépendants que des fidèles restés en majorité rétifs.
Ainsi, des élus politiques (dont certains se disent parfois agnostiques) finissent par être obéissants aux consignes religieuses plus que ne le sont les adeptes proprement dits. Pour ne pas heurter des électeurs, ils se plient aux consignes qu’ils ne suivraient pas personnellement.
Ce qui a été très bien compris par les Conférences épiscopales qui savent l’utiliser parfaitement. Sous prétexte de ne pas heurter des consciences, les élus se font manipuler par des prises de position rétrogrades.
Il faudrait un peu plus d’esprit critique, d’indépendance et ne pas nous faire douter des vertus de la démocratie en raison de cela.
Raymond BELTRAN
Le 13 novembre 2008