Républicains et Laiques Audois

jeudi

27

avril 2006

L’inculture après la culture

Ecrit par , Posté dans Non classé

Ecrivant sur la modération en matière d’extériorisation religieuse, nous pensions à l’antithèse. Nous n’avions pas oublié la longue liste des excommunications de naguère ni, maintenant, celle des condamnations pour blasphème qui ont visé des intellectuels musulmans.

Si l’église catholique, dominante en France, n’était pas tolérante, elle est contrainte de l’être dans un pays devenu laïque. Cependant, le Vatican dénonce avec raison l’intolérance de l’Arabie, de l’Iran, du Soudan et de certains pays musulmans, refusant toute liberté de religion aux catholiques, les persécutant même. Les attaques contre les Coptes chrétiens en sont le dernier exemple.
L’Egypte est emblématique du danger que font courir les exaltés de l’Islam. C’est un pays de haute culture, dont les élites avaient une influence considérable. L’Université El Azhar rayonnait au-delà du Moyen Orient et ses professeurs étaient des savants reconnus.
El Azhar est devenue une mosquée formant des juristes dont le seul horizon est l’application de la Charia et l’enfermement du peuple dans une vision fermée de la religion. Loin d’exhaler les effluves pacifiques des fleurs d’oranger, ses condamnations sont à présent le fruit de son enseignement, paralysant toute expression artistique au pays d’Oum Khalsoum.
En dehors des tartes à la crème du colonialisme et de la guerre d’Israël, il faudrait se demander aussi quelles sont les conditions politiques qui ont amené un tel pays à ne résister à la religion que par un régime policier. Comment le Nassérisme marxisant a laissé la place à la misère accompagnant ou l’autoritarisme ou l’intégrisme fanatique ?
Trop de religion tue la liberté religieuse. L’accaparation de l’espace public par une religion tue la liberté de croyance.
Raymond BELTRAN
le 27 avril 2006