Républicains et Laiques Audois

mercredi

27

février 2008

Il reste encore des ''« Guides »''

Ecrit par , Posté dans Non classé

Concert de Lorin Maazel avec le Philharmonique de New York à Pyongyang. Belle musique, ambiance raide et solennelle au Pays du Matin Calme, du « Cher dirigeant », fils et successeur du « Grand Leader » d’une république « démocratique et populaire ».

L’interview d’un coréen vantait l’œuvre du « Bien aimé Dirigeant » qui avait permis à ses sujets de bénéficier d’un haut niveau culturel… Cela fit tilt en nous ! Le culte de la personnalité, on commençait déjà à l’oublier… L’expression s’est banalisée avec le temps : elle est employée maintenant à tort et à travers…
Heureusement qu’il reste des lieux pour nous faire savoir ce que cet amour officiel peut cacher de tragique !
Un pays voisin fut aussi dirigé par un « Grand Timonier », dont la révolution culturelle fut admirée par nos intellectuels, ignorant les millions de victimes qu’elle fit. L’actualité de ces jours est celle du « Líder máximo » avec ses discours pouvant durer 7 heures, qui vient de prendre sa retraite de « Comandante en jefe » laissant le pouvoir à son frère. Il y a eu « El Caudillo » espagnol avec sa voix de fausset et sa rigueur implacable et sanglante pour ses adversaires.
N’oublions pas « Le Génie des Carpates » qui sévit en Roumanie sur un peuple rendu miséreux, aux orphelinats biens remplis par ses soins d’enfants en loques… Un « Petit Père des peuples » qui fut pleuré par tant de millions de militants à sa mort en 1953 : il n’est plus nécessaire de rappeler ses méthodes.
Tous ces « Guides suprêmes » ont la caractéristique d’avoir bénéficié longtemps du pouvoir. Très longtemps… tant ils furent appréciés de leur peuple, tenu en main par une police efficace contre ceux qui pouvaient dire du mal et réprimant toute velléité de contestation.
Un « Duce » rêva de rétablir la grandeur de l’empire romain des Césars et n’hésita pas à se lier avec un autre « guide » (Führer) pour viriliser un pouvoir, marqué par l’affichage de sa mâchoire énergique, s’accolant ainsi au grand dessein de celui qui voulait instaurer pour mille ans le règne de la race des Seigneurs.
N’oublions pas Hodja en Albanie, et tant d’autres moins connus qui voulurent guider par la force ceux qui leur étaient soumis pour en faire « des hommes nouveaux », les menant vers une nouvelle civilisation. Ils étaient « Guides », « Chefs », car ces deux fonctions se confondent toujours en eux.
Aucun n’était démocrate. Une fois au pouvoir, il leur était acquis pour toujours, car leur régime était parfait… Eux, ils savaient. Le peuple n’avait qu’à suivre. Ils le menaient vers le bonheur, le leur surtout… et celui de leur nomenclatura proche…
La musique nous a bercé, de Wagner à Dvorak, Gershwin, Bernstein, Bizet et le populaire coréen, tout en visionnant ce public de hiérarques, spectateurs disciplinés.
N’oublions pas leur soumission au « Bien aimé Dirigeant » et ne dévalorisons pas les Titres prestigieux que se donnent leurs chefs. Ce ne sont pas des titres de pacotille. Beaucoup d’hommes, de femmes, de familles ont souffert dans leur corps et parfois payé de leur sang pour que nous considérions avec dérision ces épisodes et les reprenions dans des querelles politiciennes qui prêteraient à plaisanterie.
Raymond BELTRAN
Le 27 février 2008