Républicains et Laiques Audois

jeudi

30

août 2007

Doute et solidarité

Ecrit par , Posté dans Non classé

Un livre concernant « mère Térésa » va paraître. Il contient 40 lettres qu’elle écrivit à des confidents pendant les 50 dernières années de sa vie, leur confiant ses doutes sur l’existence de Dieu.

Mère Térésa est restée dans un cadre ecclésial, quoique son action, sans prosélytisme, fût à sa marge. Elle a cherché à soulager les misères dans une œuvre de solidarité reconnue de tous. Une des volontaires ayant travaillé dans son institution a résumé : « Il ne s’agit pas de religion ni de foi. Simplement aider les personnes qui en ont le plus besoin. »
 »« Si Dieu n’existe pas, il n’y a pas d’âme et, alors, Jésus tu n’es pas quelqu’un de vrai » écrivait-elle en 1959… « Où est ma foi ? Y compris dans mon tréfonds il n’y a rien, sauf vide et obscurité. Mon Dieu, combien est déchirante cette douleur insoupçonnée : je n’ai pas la foi » … « Le sourire est un masque, un cache qui couvre tout. Je parle comme si mon cœur était épris de Dieu ; si tu étais là, tu dirais ’quelle hypocrisie !’ »
Ce doute est émouvant. Il ne l’a pas empêchée de faire son labeur avec humilité, ni de rester dans une église dont elle dénonçait par ailleurs le luxe du Vatican. Des théologiens diront que le doute ne prouve ni existence ni inexistence divine. La difficulté pour les croyants est de se situer dans un monde que l’on dit créé à l’image de Dieu et où tant de choses horribles se passent tous les jours !…
Si Térésa a choisi de rester à Calcutta, dans l’institution religieuse, malgré ses doutes, elle a prouvé aussi que sa charité exprimait une solidarité envers les hommes.
Nul ne sait si mère Térésa trouva enfin une réponse à ses questions. Les agnostiques se les posent, eux, sous un angle différent. Une oeuvre humanitaire de solidarité peut exister sans avoir un fondement religieux. Ce n’est pas le domaine exclusif de la foi.
Raymond BELTRAN
le 30 août 2007