Républicains et Laiques Audois

jeudi

8

janvier 2009

Des provocations

Ecrit par , Posté dans Non classé

Elles ne sont pas l’œuvre d’apprentis sorciers ignorant les conséquences de leurs actes. Ce sont des actions voulues, raisonnées pour provoquer des réactions qui ont été souhaitées afin de relancer un climat de tension.

Les opinions publiques, suivant leur penchant, tombent dans le piège tendu… et se déchaînent… en oubliant les initiateurs et ne considérant que les conséquences prévues. Cela conforte les provocateurs : ils ont atteint leur objectif.
Il y a quelques mois ce fut le cas de la Géorgie.
Je ne voulus pas, alors, commenter à chaud cet événement… On a oublié maintenant les provocations géorgiennes qui occasionnèrent l’épisode militaire russe, que l’on condamna pour sa disproportion.
Le contexte, car il y a toujours un contexte local remontant dans l’histoire, est celui de la résurgence des nationalismes de part et d’autre, avec les règlements de compte qui en découlent.
Il y eût une période mythique de l’URSS. Sous « le petit Père des peuples, » qui était par ailleurs géorgien, se développa dans la région une russification intensive, colonisation de peuplement et déplacements complexes de population… A l’effondrement du communisme les anciennes nationalités se réveillèrent progressivement face aux russophones implantés, réagissant à l’arbitraire de frontières sans rapport avec les populations en place. Il est vrai que ces frontières avaient été de tout temps floues…
Ces nationalités voulaient retrouver des racines historiques d’une période imprécise mais antérieure à l’URSS. Sauf que les divergences des origines rendaient les cohabitations difficiles dans les nouvelles républiques qui se voulaient autonomes de Moscou, alors que depuis les Tsars l’empire russe avait voulu toujours les englober.
Opposition à l’ancien colonisateur pour les uns. Appel à son soutien pour les minorités enclavées et pour les russophones présents… Jeu de tactiques encouragées par la Russie. Contrôle des ressources locales en jeu aussi. Refus de Moscou de voir se développer en lisière de son territoire des autonomies trop indépendantes, se liant au camp occidental, devenant trop hostiles et au risque de perdre la main sur les oléoducs et sur les ressources pétrolières.
Tout était réuni pour que la tension soit au maximum. Le feu aux poudres attendait les premières étincelles provoquées. Et, ce fut ainsi qu’un Président géorgien alluma son briquet. Il savait le risque pris mais il comptait que demandant son entrée à l’OTAN, il pouvait envahir les enclaves d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, protégées par les Russes et que ceux-ci reculeraient devant la pression des USA !…
On sait quelle fut la réaction militaire des Russes, préoccupés de maintenir le prestige national de leur armée… Réaction disproportionnée… C’est toujours le cas pour les troupes plus fortes que celles qui les ont attaquées…
Le président de Géorgie espérait que les EE. UU. interviendraient contre les Russes et qu’il allait entraîner les occidentaux à côté de lui. Mais un peu de lucidité lui aurait permis de se rendre compte qu’il s’était lancé dans une aventure suicidaire. Il n’a fait que faire ajourner sine-die son entrée dans l’OTAN. Il a plongé son pays dans le chaos…
Provocateur. Pas apprenti-sorcier car, s’il n’a pas réussi, il savait bien ce que son geste entraînerait. Il s’est trompé parce qu’il n’a pas réussi à lancer la conflagration qu’il appelait de ses vœux. Son action était réfléchie mais pas lucide. La Géorgie a payé les conséquences, et les manifestations en sa faveur en Europe n’ont rien changé à ce fait.
Il y a d’autres provocateurs ailleurs…
Raymond BELTRAN
Le 08 janvier 2009