Républicains et Laiques Audois

jeudi

9

janvier 2003

Des lois agnostiques

Ecrit par , Posté dans Non classé

L’Islam privé, hors de la sphère publique, est pour nous une religion comme une autre, que nous respectons si elle ne cherche pas à s’imposer et si elle laisse la liberté aux citoyens de l’adopter ou de la refuser. Ce n’est pas possible dans les pays où cette religion domine la vie sociale.

Dans le Nouvel Obs, Taslima Nasreen, médecin et écrivain, qui a dû fuir le Bangladesh, menacée de mort par les islamistes en raison de ses écrits, déclarait en septembre dernier : « Il faut critiquer l’islam, surtout dans les pays islamiques. C’est un acte utile pour ceux qui vivent dans ces pays… Ce dont les pays islamiques ont le plus besoin c’est d’introduire la laïcité, d’abolir d’urgence les lois islamiques ».
Elle ajoutait : « Certains occidentaux font l’apologie de l’islam… et soutiennent les fondamentalistes au nom du libéralisme. Ils soutiennent même l’oppression islamique contre les femmes au nom du multiculturalisme ». Elle ne croyait pas à un conflit entre l’Occident et l’Islam : « En réalité il y a un conflit entre laïcité et fondamentalisme, entre modernité et anti-modernisme… entre esprit logique rationnel et foi aveugle irrationnelle… Il faut que la civilisation l’emporte avec la laïcité et l’humanisme comme forces motrices pour construire une société ».
Chaque citoyen est garanti chez nous de pouvoir adopter la croyance de son choix. Chacun doit rester libre de refuser de s’y conformer sans risque de condamnation à mort pour « apostasie »… Cela arrivait aussi naguère chez nous lorsque l’Inquisition régnait. Le temps a passé heureusement pour notre société civile : Ce n’est pas le cas encore pour les musulmans quand ils ont le pouvoir politique.
Dans le texte que le gouvernement leur avait proposé de signer, les engageant à respecter les lois républicaines, les organisations musulmanes françaises ont fait retirer un paragraphe précisant qu’elles reconnaissaient aux individus le droit à renoncer à leur religion d’origine. Elles préféraient ignorer cette possibilité, ne pouvant l’interdire, plutôt que de l’accepter explicitement.
Oh, combien est difficile à une religion de renoncer à exercer une pression sur ses adeptes ou supposés tels !
Raymond BELTRAN
le 09 janvier 2003