Républicains et Laiques Audois

jeudi

11

août 2005

Des formes de fatwa

Ecrit par , Posté dans Non classé

Des lecteurs ont trouvé un brin provocant le terme de fatwa employé dimanche dernier. Une fatwa est un avis, une interprétation des textes de l’Islam, provenant d’un docteur (uléma, mufti ou ayatollah) en théologie musulmane. C’est comparable à une consultation juridique donnée par un spécialiste du Droit.

C’est aussi une directive cependant plus contraignante que l’avis d’un juriste, car, en matière religieuse les recommandations deviennent facilement des obligations. Ces directives sont fréquentes en matière morale ou doctrinale de la part des hiérarchies monothéistes qui n’emploient pas le mot arabe.
Les extrémistes de l’Islam nous ont habitués à considérer la fatwa comme une sentence portant condamnation à mort de tel écrivain ou telle écrivaine, coupables de ne pas se soumettre à leur conception de la religion. Ce sens est devenu courant, mais nous ne voulons pas le réduire à cela. Nous dénoncions avec force la semaine dernière des directives morales contraignantes partant de Rome, limitant la recherche médicale.
Le cardinal Julian Herranz, a fêté à Madrid son jubilé sacerdotal, en présence du Nonce. Ce cardinal, dont l’appartenance à l’Opus Dei est connue, a lancé sa fatwa contre les « laïcistes » qui « inventent des droits qui n’existent pas et qui, par contre, nient des droits véritables. » Il a demandé aux chrétiens espagnols de se mobiliser contre les porte-parole de « l’agnosticisme religieux et du relativisme moral. » Il a associé le Pape, dont il est un des collaborateurs, à sa condamnation de l’ « absolutisme laïciste » « qui tente de nier, ou de faire obstacle à la dimension sociale de la religion. »
Heureusement que la laïcisation de la société nous préserve ici de « l’exécution » de cette sentence. Jusqu’au XVIIIème siècle, cela n’aurait pas été le cas !…
Raymond BELTRAN
le 11 août 2005