Républicains et Laiques Audois

jeudi

6

novembre 2008

Barack Obama

Ecrit par , Posté dans Non classé

L’élection de Barack Obama a été tant commentée que l’on ne sait quoi ajouter encore. Pourtant… je me risquerai à des remarques personnelles

La première concerne le respect de la démocratie : une seule voix de plus fait une majorité et donc une minorité. A cette élection la différence a été très large.
Le vainqueur a eu un discours rassembleur, comme souvent, mais avec une dimension d’espoir en prime. Le perdant a fait l’éloge de celui qui l’avait battu et promis de faire bloc avec lui dans l’intérêt du pays.
La revanche, cela sera pour l’échéance suivante, par des candidats nouveaux. C’est l’usage là-bas. C’est une pratique démocratique que nous ignorons ; le vainqueur ici conteste la valeur de la victoire adverse et se met immédiatement à démolir tout ce qui sera fait par son adversaire gagnant.
La deuxième remarque est que B. Obama n’a pas été élu parce qu’il est noir mais malgré le fait qu’il soit noir. S’il a bénéficié du discrédit de Bush et du parti républicain, il a ajouté sa marque personnelle de volontarisme dans la campagne. Sa dynamique et sa jeunesse ont laissé à ses électeurs l’impression qu’il était capable du changement qu’il promettait.
Les noirs ne sont que 17 % de la population. Les hispaniques ont voté majoritairement pour lui, mais aussi beaucoup d’autres parmi les « blancs ». L’intelligence d’Obama a été de, sans renoncer à son identité, ne pas l’utiliser comme motif de campagne et ne pas se comporter en porte parole de la communauté noire.
Il s’est présenté en citoyen américain, intégré socialement, confiant dans l’avenir de son pays, fier de sa réussite personnelle, de son passé et souhaitant dépasser les clivages et les marginalisations pour faire une synthèse politique commune à toutes les communautés.
Son message était optimiste : « we can… ! »
La troisième concerne le vote dans deux Etats de référendums locaux refusant l’interdiction de l’IVG : le Dakota du Sud et le Colorado. Dans ce dernier c’était le principe de la vie commençant dès la conception qui a été refusé. Si le vote avait été positif il était possible de contester juridiquement l’IVG, devenue un meurtre, et toute expérimentation avec des embryons surnuméraires. La position des églises a été désavouée par le peuple.
La démocratie des EE.UU. est fédérale et nous n’avons pas l’habitude de ce système. Certes, comme tout système politique il a ses défauts. Mais il a été capable de faire ce choix que tous s’accordent à qualifier d’historique. Malgré l’existence de conservateurs rétrogrades, après un règne sans conteste des fondamentalistes religieux depuis Reagan et surtout Bush, un coup de frein a été donné.
Barack Obama devra résister aux sollicitations de ceux qui voudront l’entrainer derrière leur idéologie et le ramener à « sa communauté ». Il ne sera un grand Président que s’il sait s’entourer de gens compétents, indépendants et capables de réaliser une politique d’intérêt général. Il a donné des gages d’être un homme d’Etat. Il lui restera à le confirmer en se dégageant des intérêts particuliers et communautaristes.
Raymond BELTRAN
Le 06 novembre 2008