Républicains et Laiques Audois

jeudi

20

mars 2008

A quoi cela sert ?...

Ecrit par , Posté dans Non classé

Que peut-on faire en démocratie pour faire avancer ses idées ? Chacun est libre de les exprimer, mais leur audience possible est très limitée. Si l’on veut être entendu au-delà des amis et des familiers, il faut utiliser des porte-voix qui les portent plus loin.

Mais si chaque individu disposait de porte-voix, la cacophonie qui en résulterait rendrait les propos individuels inintelligibles dans leurs contradictions. L’addition de propositions personnelles ne peut pas faire un ensemble cohérent.
Personne, par ailleurs, ne peut prétendre avoir la « bonne » solution à un problème difficile. Il faut affiner les propositions, les confronter à d’autres, les reprendre après discussion, les mettre à l’épreuve, et cela est plus facile dans un groupe. Une synthèse ne peut pas être valable si elle se contente de tout reprendre, elle doit organiser ce qui reste important après débat.
Il arrive que nous entendions dire « oui, mais comment faire pour obtenir un résultat ? » Cette question découle d’un certain fatalisme, car on sait la difficulté à faire reprendre une idée par ceux qui auraient la possibilité de la réaliser.
Il existe nombre d’associations qui permettent de faire un travail, de contribuer à une action sociale, de s’engager sur des terrains très divers. Mais l’on se heurte souvent à des prises de pouvoir qui découragent un bénévolat désintéressé, ou à une professionnalisation à plein temps incompatible avec les disponibilités personnelles.
Il y a, bien sûr, les partis politiques, voie royale vers la réflexion sur l’organisation de la société, sur la réparation des injustices, sur les changements souhaitables à réaliser… Ils sont, constitutionnellement, les laboratoires de recherche des propositions qui ont vocation à gérer mieux la société. Le débat public qu’ils mènent en leur sein et dans les campagnes électorales est un moyen privilégié de faire avancer des idées justes. Mais, là encore la confrontation se réduit souvent au suivisme des militants derrière leurs leaders car ceux-ci aiment peu être contestés dans leurs choix. Les textes votés viennent du national et les amendements locaux de la base ont peu de chances d’être retenus.
Même si ces deux cercles sont plus fermés à l’innovation de la pensée qu’on ne le pense, il faut les fréquenter et ne pas renoncer à s’y faire entendre. A défaut d’être écoutés des responsables, on peut être entendus par des pairs. Les idées avancent et s’affinent au niveau local aussi. Elles avancent peu à peu. Il ne faut pas se décourager devant les obstacles.
Il y a aussi la diffusion de réflexions personnelles ou collectives par les moyens modernes de communication ou dans des cercles plus orientés vers la discussion, cercles philosophiques, cafés républicains ou autres. Si personne ne possède la Vérité (sauf les fidèles d’une religion qui y croient), toute réflexion qui permet de se poser des questions, d’interpeller la pensée d’autrui, est bienvenue dans les débats.
Livres, journaux, courriels, blogs, sont des façons d’exposer au vent les idées, de les répandre, de leur permettre d’essaimer et de refleurir.
C’est le travail modeste et sans prétention de nos textes. Nous sommes encouragés à le poursuivre par les réactions que nous recevons de ceux qui disent qu’ils utilisent notre interpellation pour leur propre questionnement. Parmi les lecteurs de ces « papiers » une grande diversité de positionnements professionnels et politiques nous fait penser que l’œuvre initiée peut se prolonger activement ailleurs et avoir une influence dépassant nos possibilités personnelles.
Raymond BELTRAN
Le 20 mars 2008