Républicains et Laiques Audois

Sunday

7

February 2010

CANTARES

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De Antonio Machado, mort et enterré à Colliure en 1939, un mois après la Retirada. Ce poème est parmi les plus connus de Machado, mais réduit à deux vers seulement, souvent cités. Je souhaite le faire lire en entier et le rendre comprehensible par les non hispanophones.

Cantares…

Todo pasa y todo queda,
Pero lo nuestro es pasar,
Pasar haciendo caminos,
Caminos sobre el mar.

Nunca perseguí la gloria,
Ni dejar en la memoria
De los hombres mi canción;
Yo amo los mundos sutiles,
Ingrávidos y gentiles,
Como pompas de jabón.

Me gusta verlos pintarse
De sol y grana, volar
Bajo el cielo azul, temblar
Súbitamente y quebrarse…

Nunca perseguí la gloria

Caminante, son tus huellas
El camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
Se hace camino al andar.

Al andar se hace camino
Y al volver la vista atrás
Se ve la senda que nunca
Se ha de volver a pisar.

Caminante no hay camino
Sino estelas en la mar…

Hace algún tiempo en ese lugar
Donde hoy los bosques se visten
De espinos
Se oyó la voz de un poeta gritar
« Caminante no hay camino,
Se hace camino al andar… »

Golpe a golpe, verso a verso…

Murió el poeta lejos del hogar,
Le cubre el polvo de un país
Vecino
Al alejarse le vieron llorar.
« Caminante no hay camino,
Se hace camino al andar… »

Golpe a golpe, verso a verso…

Cuando el jilguero no puede
Cantar.
Cuando el poeta es un peregrino,
Cuando de nada nos sirve rezar.
« Caminante no hay camino
Se hace camino al andar… »

Golpe a golpe, verso a verso.

(Antonio MACHADO)

Pour l’écouter interprété par Joan Manuel Serrat faire le lien suivant :

Chants…

Tout passe et tout demeure,
Notre vie est passer,
Passer et tracer des chemins
Des chemins sur la mer.

Je n’ai jamais cherché la gloire,
Ni voulu laisser, en la mémoire
Des hommes, ma chanson ;
J’aime les ambiances subtiles,
En apesanteur, légères
Comme bulles de savon.

J’aime les voir se teinter
De lumière et de couleur, voler
Sous le ciel bleu, trembler
Et, d’un coup, se briser…

Je n’ai jamais cherché la gloire…

Voyageur, ton chemin c’est la trace
De tes pas et rien plus ;
Passant, il n’y a pas de chemin,
On trace son chemin en marchant.

En marchant se trace le chemin
Et, le regard, se retournant,
Voit la route que jamais
On ne pourra à nouveau refaire.

Passant, il n’y pas de chemin
Seuls des reflets sur la mer…

Il y a quelque temps, en ce lieu
Où les bois se couvrent à présent
D’épines,
On entendit un poète crier
« Passant, il n’y a pas de chemin,
On trace son chemin en marchant… »

Pas à pas, vers après vers…

Le poète est mort loin de son foyer,
Le recouvre la poussière d’un pays
Voisin.
En s’éloignant, on le vit pleurer
« Passant, il n’y a pas de chemin,
On trace son chemin en marchant… »

Pas à pas, vers après vers…

Quand le chardonneret ne peut
Chanter,
Quand le poète devient pèlerin,
Quand à rien ne sert de prier,
« Passant, il n’y a pas de chemin
On trace son chemin en marchant… »

Pas à pas, vers après vers.

(Traduction de Raymond et Magali Beltran : Traduttore = traditore ?…)