


Prosélytisme et tolérance
Par raymond beltran, à 18:04 :: Religions :: #236
Quand on croit posséder la « Vérité », on veut partager avec les autres « la Bonne Nouvelle. » A cette fin et, tant qu’on est faible, on convaincra avec de bonnes paroles. Mais, dès qu’on peut s’appuyer sur l’autorité, on l’imposera autoritairement.
Ce sont deux formes de prosélytisme connues. Elles ne sont pas particulières au christianisme. Elles sont incompatibles avec la tolérance à l’égard des autres « Vérités » qui deviennent des « pseudo-vérités. » Inutile de citer des paroles récentes de tel cardinal romain à propos des orthodoxes et protestants !...
Et, pourtant, il y a des religieux qui sont tolérants : ils croient sincèrement à leurs dogmes, mais ils admettent que d’autres n’y croient pas ou qu’ils croient à d’autres « vérités » Il est vrai que ce ne sont pas des clercs, engagés dans leur « église.»
Ce n’est pas par tradition religieuse ni par doctrine que l’on devient tolérant, mais par la pratique de la tolérance dans la société environnante. L’existence des idées laïques autour de soi, la cohabitation historique avec d’autres religions, la situation de confession minoritaire luttant contre l’hégémonie d’une religion, sont des facteurs qui incitent à une tolérance dont on veut pouvoir bénéficier.
Mais, la tolérance envers les autres limite-t-elle le prosélytisme d’une religion ? Nous ne le croyons pas. Aucune religion ne renonce au prosélytisme. Y a-t-il des religions tolérantes envers les autres ? Cela s’est produit dans certaines circonstances historiques, mais tant que les religions dominées acceptaient d’être dans une situation d’infériorité et de soumission, vivant dans des « ghettos.»
Hors l’époque romaine, où tous les dieux étaient admis tant qu’ils ne mettaient pas en danger l’organisation de la cité, les cohabitations historiques entre religions se sont toujours développées dans un régime de soumission (d’aman) et de sous-citoyenneté pour les adeptes minoritaires, qui n’étaient pas à l’abri d’un pogrom.
Parce que l’Etat est indépendant du théologique, il n’y a que dans les sociétés laïques que la liberté de choix et de croyance puisse se faire dans l’égalité.
Raymond BELTRAN
le 24 juillet 2003
