


Diffuser ses idées ?
Par raymond beltran, à 18:09 :: Citoyenneté :: #237
Quand on a une opinion on veut naturellement la faire partager. Quand on est convaincu de sa justesse comment ne pas vouloir que d’autres y adhèrent ?
Mais des idées émises par un simple citoyen auront une diffusion faible, quasi nulle. Seule la notoriété, grâce aux média, permet à certains de dépasser le cadre étroit de leurs relations et d’avoir une influence plus large.
Alors comment répandre « sa vérité » ? Il faudra se grouper avec ceux qui partagent cette opinion afin d’améliorer son audience. Les associations et les partis politiques sont des amplificateurs d’idées, des moyens de contact avec une masse d’autres citoyens. Le débat ouvert par leur intermédiaire sert la démocratie.
Seulement, l’organisation amplificatrice ne se met pas toujours au service du citoyen qui a des choses à dire. Elle se constitue souvent en église, avec ses dogmes. Elle utilise les sympathisants qu’elle rassemble pour diffuser « ses vérités », donner des consignes à ses militants et ses membres deviennent passifs.
La sclérose de la pensée individuelle s’impose. Le débat spontané et la réflexion personnelle, enrichissante, disparaissent. Il ne reste aux militants que la diffusion d’idéologies qu’ils ont approuvées, mais qu’ils n’ont pas pu approfondir, qu’ils n’ont pas contribué à élaborer.
L’habitude critique de la réflexion se perd. Ainsi, la démocratie se noie dans le suivisme, dans le clientélisme qui condamne à l’impuissance intellectuelle.
Le cléricalisme politique, comparable au cléricalisme religieux, finit par prendre le pas sur le libre arbitre des militants, qui doivent se conformer aux dogmes et répéter des slogans. Les votes formels suffisent à donner l’illusion de la démocratie !...
Comment s’étonner alors du succès des forums et des coordinations, qui, débordant les appareils, permettent de donner la parole à chacun ?... Mais, comment ne pas constater les ravages de la démagogie quand les intérêts corporatifs s’affichent sans réflexion d’ensemble, hors d’un cadre responsable ?...
Raymond BELTRAN
le 17 juillet 2003
