


La raison progresse
Par raymond beltran, à 09:38 :: Société :: #240
Un sondage a été publié en avril. Ses questions, identiques à celles posées en 1994, permettaient de faire le point sur l’évolution des mentalités en dix ans.
Sans étonnement, nous constatons que la pratique religieuse se limite souvent à la participation à certaines fêtes, sans adhésion aux dogmes, avec une interprétation personnelle des prescriptions en ce qui concerne la vie privée.
La tranche d’âge 35-49 ans est celle qui compte le taux le plus faible de fréquentation des églises. Les 18-24 ans se disent croyants pratiquants à 27 % au lieu de 10 % auparavant (effet JP II ?), mais pendant ce même temps ceux qui se disent athées passent à 28 % au lieu de 17 % en 94.
Les Français se qualifiant globalement de « rationalistes » sont devenus 52 % alors qu’ils n’étaient que 22 %. La tranche jeunes est encore plus marquée par cette évolution (de 22 à 67 %). En même temps, cet élan s’accompagne d’une forte baisse des croyances à l’astrologie, à la voyance et à la sorcellerie.
Si les catholiques restent majoritaires en France avec 62 % de réponses positives, ils étaient 67 % à s’affirmer tels en 1994 et ils ne sont plus que 12 % à fréquenter les églises régulièrement au lieu de 14 % il y a dix ans. Les musulmans seraient passés de 2 à 6 % dans la population mais seulement 27 % pratiquent assidûment.
Les réponses enregistrées comportent, dans toutes les religions, la même tendance à la baisse des indicateurs de croyance et de pratique. Les indicateurs de non-croyance et de non pratique religieuse sont à la hausse partout.
Les Français apparaissent chaque jour plus sceptiques devant les religions, malgré l’essor certain de celles-ci chez une fraction des jeunes. La majorité, quelle que soit leur confession, ne suit pas les pratiques fondamentalistes.
Le XXIè siècle sera humaniste si nous savons faire comprendre le sens de la laïcité à nos compatriotes. Sans renier la tradition, la religion passe de plus en plus dans la sphère privée de chacun. La laïcité ne s’oppose pas aux pratiques personnelles. Elle veut la liberté de choix pour chacun dans la neutralité de l’Etat.
Raymond BELTRAN
le 26 juin 2003
