Ce n’est pas cacher ses options religieuses ni en avoir honte. Ce n’est pas interdire aux porte-parole des religions d’exprimer leur appréciation sur les problèmes de société. Maintenir la religion dans la sphère privée c’est éviter de mélanger les opinions personnelles de telle personne avec les institutions officielles qu’elle représente. Celles-ci doivent rester neutres en matière de croyances et d’expression confessionnelle. Chaque fois que la religion apparaît officiellement dans une cérémonie publique la laïcité des institutions est bafouée au profit d’une confession.
Rien n’empêche les religions de s’organiser librement dans leurs temples, églises, mosquées ou synagogues. Personne n’interdit l’entrée libre et publique dans ces locaux. Personne ne leur a interdit des manifestations publiques médiatisées. Il n’a jamais été question de les brimer dans l’exercice de cette liberté.
Nous ne sommes pas choqués par l’affirmation par chaque individu de sa confession religieuse. Mais toute liberté a pour limite celle des autres. Si l’affichage public devient interpellation, provocation ou moyen d’exercer une pression sur les autres, nous ne pouvons pas l’approuver.
Mais le tchador, hidjab ou toute forme de foulard islamique sert dans les banlieues à distinguer les filles « soumises » à la religion (même volontairement) des autres, les « putes » que l’on peut agresser impunément.
Mais le voile a servi à faire le tri entre les matières d’enseignement sous prétexte de religion, à exiger des conditions d’examen particulières, des pratiques légales différentes, des distinctions de traitement exclusives. Des lois particulières sont ainsi demandées en fonction de la religion personnelle, ce qui est inadmissible.
Nous voulons la liberté absolue en matière de religion, sauf s’il y a pression sur les individus et contrainte pour les empêcher d’exercer leur propre liberté de choix.
Raymond BELTRAN
le 05 juin 2003