


Quel avenir commun ?
Par raymond beltran, à 09:59 :: Société :: #244
L’actualité sociale interpelle tous les citoyens. Le droit à la contestation politique est un gage de démocratie. Sa limitation provoquerait des réactions explosives. Aucun gouvernement ne s’est risqué à légiférer dans le détail l’usage du droit de grève.
Ainsi, chaque période d’arrêts de travail dans les secteurs vitaux donne lieu à des polémiques sur « les usagers pris en otage » et sur les bons moyens à appliquer pour faire pression. Nous n’entrerons pas dans cette controverse. Mais nous continuerons à nous interroger sur l’absence de débat et de négociation préalable, à froid.
Chacun, gouvernement et syndicats, est persuadé d’avoir raison avec des exigences maximales. Pourtant des experts ont étudié la question depuis des années et proposé des pistes de réflexion à des gouvernements de gauche comme de droite. Dans des lieux de rencontre existants (Commissariat au Plan, Conseil Economique et Social, etc) des rapports ont été produits, qui ont donné lieu à des avis conservatoires des représentants des catégories sociales, refusant de s’engager.
L’on s’est empressé ensuite d’oublier tout argument qui ne convenait pas pour ne retenir que ceux qui correspondaient à l’opinion défendue. On les a lancés à la cantonade, sans jamais chercher ensemble une solution contractuelle d’avenir. Ainsi, les troupes sont mobilisées pour des affrontements globaux excluant toute recherche de synthèse réaliste.
La tentation est grande d’en faire un troisième tour électoral. Ce n’est pas nouveau. La droite l’a fait quand elle était minoritaire comme la gauche le fait. Mais cela aboutit à des désillusions lorsqu’on n’obtient pas la totalité de ce qui est réclamé, sans nuance, à cors et à cris. Attention aux abstentions et à la désyndicalisation qui s’en suivront si les objectifs proclamés très fort ne sont pas atteints !
A défaut de pouvoir faire la révolution chaque année, le danger est de mettre en danger la démocratie si politiques et syndicaux ne trouvent pas un terrain d’entente, dans la négociation de l’ensemble du dossier, pour préparer un avenir réaliste et juste dans lequel chacun puisse avoir confiance.
Raymond BELTRAN
le 29 mai 32003
