Ils sont sensibles aux conséquences pour l’avenir ; ils expriment leur inquiétude et le rejet de solutions qui ne leur semblent pas adaptées. Le gouvernement ne peut que leur en donner acte. Sans cela son erreur politique serait comparable à celle de Juppé en 1995.
Mais comment en est-on arrivé à cette incompréhension, alors qu’il y a tant d’années que le problème démographique et financier a été posé et que les études se sont multipliées sous chaque gouvernement ?
Les syndicats ont-ils refusé de voir la réalité en face ? Ont-ils fait des propositions réalistes en vue d’une négociation qui permette d’avancer en préservant l’essentiel ? Les gouvernements n’ont-ils pas choisi d’attendre que le problème pourrisse, préférant passer « la patate chaude » à d’autres ?
Nous entendons de part et d’autre des propositions extrêmes : Ceux qui refusent de considérer qu’il y a un problème (tant pis pour les dégâts dans quelques années !)... Ceux qui dramatisent le problème (dont les solutions demandent le sacrifice des seuls salariés !)... Entre les deux, faute de négociation, il n’y aura à la fin que des solutions autoritaires qui demeureront incomprises !... Depuis 20 ans que le problème du financement des retraites est posé, ni d’un côté ni de l’autre on n’a cherché à discuter. On a préféré différer la réponse, trop risquée électoralement : tant pis pour l’avenir si les solutions deviennent de plus en plus difficiles à supporter à mesure que les échéances se rapprochent !...
Tant pis pour la démocratie, réduite à l’affrontement faute de savoir négocier à temps. Il restera l’incompréhension et des vaincus !... l’amertume des déçus !... Cela se traduit aussi électoralement.
Raymond BELTRAN
le 15 mai 2003