Ils ne sont pas ennemis de la pratique d’une religion par les croyants. Les militants qui se disent laïques militent pour la liberté de croyance et, ceux qui les accusent de laïcisme sont, justement, ceux qui ne veulent pas de cette liberté.
Pour nous, le libre arbitre est primordial. Au milieu des contraintes sociales et des conditions de vie économique qui limitent l’exercice des libertés, nous voulons promouvoir les choix individuels. Nous revendiquons cette liberté pour nous, comme pour tous les autres, même si nous ne partageons pas leurs options.
La laïcité serait sectaire et dépassée !... Au nom de notre tolérance, l’on exige de nous, « laïques », que nous renoncions à la dissociation de la vie privée (religieuse ou non) et de la vie publique (commune).
Ce n’est pas parce que nous voulons que la religion reste dans le domaine privé qu’elle est entravée dans l’exercice individuel de ceux qui sont croyants. Cela ne l’empêche pas d’exister publiquement, de se manifester, de s’exhiber dans les médias. Il nous arrive même de penser que l’on en fait parfois un peu trop, car cette exposition envahissante se fait, dans une grande révérence, sans esprit critique.
La laïcité n’est pas un moyen d’asservir les autres : toute son histoire a été un cheminement de libération contre la pression religieuse qui voulait étouffer d’autres choix que ceux de la « communauté ». Notre action s’appuie sur les Droits de l’Homme. Elle refuse donc tout ce qui est contraire à la dignité de la personne humaine.
Ceux qui combattent la laïcité veulent conserver pour la religion un rôle institutionnel, afin que personne ne puisse s’en échapper. Cela explique l’importance de leur combat en Europe pour l’affichage de la tradition chrétienne.
Dans les pays où les institutions sont confessionnelles, les libertés que les « laïques » réclament n’existent pas, ni pour les agnostiques ni pour les adeptes des autres religions. Là où elles existent, peu ou prou, c’est au nom de la séparation.
Raymond BELTRAN
le08 mai 2003