


Libres de nos choix
Par raymond beltran, à 10:18 :: République :: #248
Nous baignons dans des traditions. Nous nous reconnaissons dans une culture qui est la nôtre, celle de notre famille, de nos ancêtres, qui nous est familière par ses légendes, ses contes, ses mythes, les épopées historiques transmises.
Mais les brassages de population depuis des siècles, les recherches de chacun pour retrouver ses propres racines, en France et ailleurs, amènent à se retrouver dans des traditions différentes, pas toujours homogènes entre elles.
Cela pose le problème de comment, sans les nier, faire cohabiter l’hétérogénéité de toutes ces origines et comment aboutir à une société, qui sans être uniforme, soit rassemblée par un dénominateur commun. Car, nous persistons à penser que le développement séparé des « communautés » d’origine ne peut amener à terme qu’à l’affirmation des divergences, aboutissant enfin à des ruptures.
C’est la raison qui nous amène à refuser la représentation des individus par des instances communautaires, qu’elles soient religieuses, culturelles ou ethniques, qui maintiendraient ces divisions. Nous sommes une nation d’origine diverse, qu’il faut rassembler autour de valeurs universelles, les valeurs républicaines d’ouverture que nous avons héritées, qui se sont constituées autour de nous depuis 200 ans.
Nous souhaitons donc l’intégration de toutes les composantes de notre pays dans une citoyenneté, acquise par l’accession facilitée à la nationalité, ne faisant pas des différences d’origine, pour tous les étrangers qui le souhaitent. Ceux qui n’en veulent pas sont libres de la refuser... Mais ce refus ne peut pas permettre d’obtenir les droits de ceux qui ont voulu partager le sort commun : Arrêtons la démagogie !...
Parce que nous croyons aux libertés individuelles, nous refusons de laisser enfermer les individus dans le carcan de leur tradition. Chacun a la liberté de s’y conformer, de s’en échapper ou de vouloir faire évoluer cette tradition.
C’est le respect des autres qu’est le fondement de la laïcité : respecter leurs croyances et leurs convictions. Mais cette exigence suppose la réciprocité d’être respecté et d’avoir la liberté de refuser les croyances qu’on ne veut pas accepter.
Raymond BELTRAN
le 01 mai 2003
