Sarkozy l’a constaté : la deuxième tendance élue des représentants des mosquées veut imposer aux femmes musulmanes une loi particulière, qui ne serait pas la loi de toutes les Françaises et de tous les Français.
Quand on patauge depuis des années dans le communautarisme, quand on a joué sur les différences plutôt que sur les ressemblances, il n’est pas étonnant que l’on aboutisse à la demande de lois particulières pour chaque communauté : du droit à la différence l’on glisse facilement à la différence des droits. Cela avait été réalisé en Algérie et en Tunisie avant l’indépendance, figeant chacun dans son territoire propre, sans liens avec les autres, avant l’éparpillement qui suivit.
Le « foulard islamique », résurgence du « tchador » iranien, aggravé par la lourde « burkha » afghane, est-il une obligation religieuse, contre l’avis de beaucoup de musulmans modérés, qui ont une autre lecture du Coran, ou d’ethnologues distingués spécialistes de l’Algérie, comme Germaine Tillion ? Est-ce la tradition des pays musulmans d’Afrique du Nord, dont le léger « sefsari » blanc n’était porté que par certaines citadines par dessus leurs vêtements courants ?
Les problèmes de conscience de quelques intellectuels ont laissé la porte ouverte aux revendications de l’affichage d’une religion. Celle-ci se pose de plus en plus en victime et cela ne diminue pas les dilemmes de ceux qui culpabilisent toujours à propos du colonialisme passé.
Si l’on avait été plus ferme pour refuser le laxisme du foulard à l’école, avec le choix concomitant des matières scolaires islamiquement correctes pour des filles, l’on aurait mieux résisté à cette poussée des Frères Musulmans en France.
Peut-être aussi que cela aurait mieux aidé les jeunes filles musulmanes à ne pas tomber dans un intégrisme de l’habillement que leurs parents n’avaient jamais connu dans leur pays d’origine avant leur venue en France.
Raymond BELTRAN
le 24 avril 2003