Nous ne sommes pas prêts de tout accepter pour éviter la guerre. Nous avons retenu la leçon de 1938 à Munich qui sacrifia la Tchécoslovaquie pour avoir la paix et qui réjouit les pacifistes de l’entre-deux guerres : « Les cons ! » murmurait Daladier de retour de cette ville, sous les ovations d’une foule heureuse du compromis, qu’avec Chamberlain, il avait signé face à Hitler et Mussolini.
Plus tard, W. Churchill, anti-munichois, dut affronter la réalité en 1940, et il résuma la situation sous la formule « A Munich on avait eu le choix entre le déshonneur et la guerre. On choisit le déshonneur et l’on eût la guerre ». Elle dura jusqu’en 1945 et entre temps l’on assista au triomphe du nazisme sur toute l’Europe, avec les excès et les génocides que l’on commence à oublier !
Cela nous rend encore plus attentifs à des images, à des discours, à des slogans entourant les manifestations en cours. Oui pour la paix. Oui contre une guerre unilatérale, décidée sous l’impulsion d’un « petit groupe de bigots protestants » qui se croient investis d’une mission divine et qui rêvent d’être les croisés du XXIè siècle pour terrasser l’infidèle... Ils n’ont pas oublié pour autant leurs intérêts matériels... Ils flottent dans un air de suffisance et de supériorité...
Mais, faut-il, pour autant, se déclarer solidaire d’un dictateur sanguinaire, qui règne depuis 22 ans sur son peuple par la terreur? Faut-il comparer Bush à Hitler ? Se rend-on compte de la banalisation de l’hitlérisme que cela comporte ? N’importe quel chef d’Etat contesté devient l’égal d’Hitler ?... Alors, le nazisme, la Shoah, le génocide programmé, tout cela serait d’une pratique courante ? Saddam Hussein serait-il un héros parce que combattu par Bush ? L’antisémitisme serait-il normal ?
Nous sommes inquiets de ces amalgames, de l’instrumentalisation de l’histoire. Si l’on accepte de tout mélanger par idéologie anti-américaine, attention à ne pas perdre toute capacité de jugement par conformisme idéologique !
Raymond BELTRAN
le 03 avril 2003