


Pas de guerre de religions
Par raymond beltran, à 10:45 :: République :: #253
N’importons pas les conflits d’ailleurs. La France a fini par éviter ces affrontements au prix d’une opposition frontale avec l’église catholique, royaliste et ennemie de la République en 1880. L’idée laïque s’est imposée depuis, au point que l’on peut croire que cela a toujours été le cas.
Trois dignitaires religieux, représentant les cultes catholique, musulman et juif, ont signé un appel commun : « En France, disent-ils, les relations entre les religions ont toujours été excellentes et nous devons maintenir la tradition républicaine de tolérance et de respect de chacun ».
Le Ministre des Transports a invité à Amiens à un rassemblement inter religieux pour contrer « les risques de dérives terroristes ou communautaristes. » Ces dérives dont nous avons dénoncé les dangers face à ceux qui veulent nous faire croire que les communautés religieuses sont naturelles et que l’individu n’existe pas.
« Nul être humain ne doit invoquer le nom de Dieu ou une quelconque religion pour justifier une guerre » ont affirmé à Marseille des responsables des divers cultes. Le cardinal Lustiger ajoute-t-il : « j’ai été très choqué en entendant les discours des deux dirigeants (Georges W. Busch et Saddam Hussein) invoquer Dieu pour le mettre de leur côté. »... « Au nom de Dieu », disait Pierre Perret, « on te dit que Dieu est amour et, après, on te tue !... »
Nous apprécions ces prises de position de responsables religieux refusant que leurs « croyants » ne se laissent entraîner dans des oppositions « communautaires » entre des « civilisations », ni dans des « croisades » entre « arabes » et chrétiens ». Refus de remodeler le monde en suivant l’image que Busch veut imposer dans sa candeur évangéliste, ses certitudes théologiques et son ignorance du terrain géopolitique.
Depuis 120 ans nous avons laissé les religions à leur place, importante, mais personnelle, dans le domaine du privé, pour privilégier les raisons de rassemblement autour des institutions républicaines. Nous ne devons pas laisser diviser la nation sur des conflits extérieurs qui ne concernent les citoyens français que sur la solidarité entre humains et non sur des critères religieux ou ethniques.
Raymond BELTRAN
le 27 mars 2003
