Elle est affublée de reproches contradictoires : trop libérale, trop dirigiste. On lui reproche de ne pas avoir de ligne politique mais on lui dénie au nom de la souveraineté nationale tout pouvoir de décision. Heureusement qu’elle existe pourtant si l’on croit les secteurs économiques qui en bénéficient et qui ne subsistent que grâce à sa protection et à ses subsides.
Cette Europe doit devenir plus démocratique. Il ne faut pas qu’elle ne soit que le bouc émissaire des mécontents dont on détourne l’agressivité vers la Commission, en faisant oublier que ses décisions ne sont prises que par les Gouvernements.
Une future Constitution est en préparation. Les milieux politiques suivent de près ces travaux. Des lobbyings sont actifs pour faire triompher leurs thèses. Un seul absent : le citoyen européen ! Les débats sont chez nous inexistants. Les partis politiques n’informent pas, ne prennent pas de position pour alimenter les discussions. A quoi servent les députés européens ? Tout se passe comme si cela ne concernait pas chacun de nous.
L’Europe n’est pas intégrée dans la vie politique nationale. Ses partisans l’utilisent pour manipuler une opinion qu’ils contribuent à garder méfiante. Ne la défendant jamais, ils sont irresponsables : à force de se camoufler derrière Bruxelles ils détruisent toute idée positive de l’Union. Ceux qui sont contre s’abritent derrière l’idée séduisante qu’ils la voudraient meilleure.
Ainsi, l’idée d’unité européenne ne progresse guère alors que, dans l’indifférence, les institutions nouvelles se mettent en place pour 25 pays. On parle de mondialisation, d’interférence des économies, de faible marge d’autonomie pour les politiques nationales, mais il n’y a pas débat, pas d’information, pas d’implication des citoyens : comment espérer alors plus de démocratie ?
Raymond BELTRAN
le 13 mars 2003