


Respect de la loi
Par raymond beltran, à 11:02 :: République :: #257
Notre prise de position sur la non-négociation de la loi du 9 décembre 1905 a suscité des réactions de ceux qui pensent qu’elle ne représente qu’un paravent derrière lequel la laïcité n’est pas respectée.
Il est vrai, et nous l’avons remarqué, qu’à l’abri de cette loi, l’Etat prend en charge des frais qui soulagent les finances d’un culte. Il est vrai que d’autres lois permettent de subventionner écoles et associations qui sont des vitrines d’activités cultuelles, que des manifestations officielles se font dans des lieux de culte au mépris de la loi !...
Nous savons bien que tel ministre de la culture de gauche subventionna une association pour la création d’un musée qui ne vit jamais le jour, alors qu’une cathédrale moderne se construisit grâce à cette subvention !... Il s’agissait de détournements de la loi, d’effets pervers habilement exploités.
Est-ce une raison pour jeter à terre les principes parce que la laïcité n’est pas respectée dans sa plénitude ? Pense-t-on que le moment est favorable à une loi plus laïque encore ? Est-ce le moment de réécrire la loi, au risque de la faire disparaître ?
Malgré les manquements constatés, nous demeurons persuadés que le principe de la séparation des églises et de l’Etat est essentiel. Nous constatons que son affirmation progresse dans le monde et qu’il apparaît dans des Constitutions diverses, dont celles de l’Italie et des USA (premier amendement).
Même si ces pays ne s’affirment pas « laïques » par l’utilisation explicite de ce mot dans le sens que nous lui donnons, la notion de séparation entre institutions officielles et religion, la liberté de croyance, progressent partout sauf dans les pays islamistes. Ce sont des idées de plus en plus comprises et admises partout, malgré, et peut-être à cause, des traditions persistantes.
C’est pourquoi nous affirmons l’intangibilité des principes laïques contenus dans la loi de 1905. Nous proclamons qu’ils ne sont pas dépassés et qu’il est temps de les respecter en toute occasion et lors de toute cérémonie officielle.
Raymond BELTRAN
le 27 février 2003
