


Principes non négociables
Par raymond beltran, à 11:06 :: République :: #258
La loi de 1905 est un pilier de la laïcité. Il y a danger à vouloir la modifier malgré les tentations de revanche très fortes chez ses adversaires ! Les apprentis sorciers risquent, en voulant toucher aux modalités pratiques de cette loi, de remettre en cause ses principes essentiels.
Va-t-on changer l’article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » ? Cet article a pour objectif d’instaurer une neutralité de l’Etat, mettant à égalité les citoyens de toute confession religieuse. Il n’y a plus de religion d’Etat en France, malgré les tentatives récurrentes d’une église de s’imposer dans les cérémonies officielles.
Il est vrai que les catholiques bénéficient de l’avantage de l’entretien des églises par les municipalités. Il n’en est pas de même pour les musulmans, qui revendiquent le rang de deuxième religion de France. Les fonds privés pour construire leurs mosquées viennent souvent de l’étranger et s’accompagnent d’influences intégristes.
Mais, pour l’éviter faut-il subventionner les cultes ? Les catholiques n’en seraient pas exclus. Ils en seraient alors les vrais bénéficiaires, cumulant les deux. Se rend-on compte du recul que cela représenterait dans notre pays ?
Après le rapport de Régis Debray sur l’enseignement du fait religieux à l’école, des stages ont eu lieu pour former les enseignants publics. La culture historique ce sont des historiens qui doivent l’apporter mais l’on a assisté pourtant à des formations faites avec l’aide de religieux, qui venaient donner leur éclairage à la formation. Ils ne représentaient pas plusieurs religions mais une seule, bien entendu !
Pour l’Eglise l’essentiel n’est pas que les élèves soient informés du fait historique religieux. Ce qui compte pour elle c’est de revenir dans les écoles, ce que les lois laïques empêchent, pour enseigner aux jeunes la doctrine (endoctriner).
A partir de constatations de bonne foi de manque de culture, des responsables et des pédagogues de l’Education Nationale ont oublié naïvement qu’en matière de laïcité dès que l’on lâche un peu on risque de tout perdre.
Raymond BELTRAN
le 20 février 2003
