


Subvention des cultes ?
Par raymond beltran, à 11:14 :: République :: #260
Il y a des retournements de situation étonnants. En 1850, « le parti catholique » voulait affranchir de la tutelle de l’Etat les établissements scolaires gérés par l’Eglise. Il fit alors voter la loi Falloux pour garantir leur « liberté ».
En 1993, un ministre voulant faire plaisir à la hiérarchie catholique, voulut se libérer de la contrainte du financement résultant de cette loi. Il déclencha la grande manifestation laïque du 16 janvier 1994 qui arrêta son élan.
En 1905, l’église catholique, mobilisée depuis 1901 contre les lois qui visaient le monopole des congrégations, bataillait contre la loi de séparation des églises et de l’Etat. Ce fut un casus-belli entre les catholiques et la République. En 2002, la Conférence des Evêques de France estime maintenant que cette loi « est tout à fait satisfaisante ».
Il se trouve que les catholiques en sont les grands bénéficiaires. Rien qu’à Marseille, J.C. Gaudin reconnaît que les 72 églises à la charge de la commune lui ont coûté 10,5 millions d’euros (68,9 millions de francs), pendant son premier mandat municipal. Odon Vallet estimait à 50 milliards de francs en 2001 la prise en compte globale des services catholiques en France.
Ne faudrait-il pas faire payer des loyers aux usagers ? Cela éviterait que d’autres confessions veuillent remettre en cause la loi pour obtenir des financements des cultes, puisque leurs temples, synagogues ou mosquées n’appartiennent pas au domaine public. Alors que les églises ont été prises en charge par l’Etat en 1905 devant le refus des catholiques de créer des associations gestionnaires.
Le principe de séparation et de non-subvention des cultes a été repris dans beaucoup de pays. C’est le minimum requis pour la laïcité. Si l’on revenait en arrière, un frein essentiel serait levé avec des conséquences en chaîne incalculables. Les organisations laïques doivent se mobiliser pour l’empêcher.
Nous devons faire apprécier par tous l’importance que revêt le respect rigoureux de ce principe de séparation pour assurer les libertés fondamentales de chacun et pour garantir la coexistence des différences dans une société cependant rassemblée.
Raymond BELTRAN
le 06 février 2003
