Nous contestons seulement le fait de considérer que ces organisations représentent une « communauté » dans sa totalité.
S’il y a en France 5 millions de « musulmans » et qu’ils ne pratiquent qu’à 30 %, cela fait un peu plus d’un million de « religieux ». Si les catholiques ne pratiquent qu’à 10 %, ce n’est pas 50 millions de catholiques que les évêques encadrent mais moins de 5 millions : De quel droit les « autorités religieuses » peuvent exprimer leur point de vue sans les avoir consultés ? De quel droit une minorité de pratiquants s’exprimerait au nom d’une majorité de non pratiquants ?
L’article 1 de la loi du 9 décembre 1905 affirme « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées... dans l’intérêt de l’ordre public »... Tous les citoyens français ont le droit de s’organiser selon leurs affinités en associations loi 1901. Ils ont le droit de s’insérer dans une tradition religieuse, en la pratiquant ou non. Mais ils ont aussi le droit de refuser de s’inscrire dans la pratique des croyances de cette tradition.
Les citoyens français, quelles que soient leurs appartenances associatives, religieuses et politiques, expriment leurs choix publics individuellement par le suffrage universel. Si « les partis politiques concourent à l’expression du suffrage » (art. 4 de la Constitution), ils ne représentent pas ès-qualité les citoyens. Ceux-ci élisent leurs représentants sans être enfermés dans un suffrage communautaire, comme cela fût pratiqué en Algérie avant 1962, avec le succès intégrateur que l’on sait.
L’organisation dans les cultes est un droit. Mais la représentation des citoyens par des chefs religieux auto-proclamés, ou élus d’une minorité, est contraire à notre tradition républicaine.
Raymond BELTRAN
le 23 janvier 2003