Le débat, entre les seuls initiés, se déroule sur fond d’insécurité ressentie. Il ne faut pas être naïf et nier ce sentiment, même s’il doit être relativisé. Il se nourrit du reproche fait par l’opinion que la police ne dispose pas des moyens appropriés pour intervenir et que son action est entravée par un dispositif législatif trop laxiste.
Il faut un équilibre entre les moyens donnés à la répression et les garanties contre l’arbitraire d’un système, devenu trop médiatique, mais qui ne doit pas devenir policier. La légitimité répressive, pour défendre la société et les individus qui la composent, ne doit pas faire oublier la légitimité de la défense des individus, seuls, face à ce système et à ses dérives.
Parce que l’on n’a pas su trouver l’équilibre de la présomption d’innocence et les garanties de la défense, avec le déroulement d’enquêtes efficaces amenant à une justice rapide, le balancier va peut-être aujourd’hui trop loin dans l’autre sens. Parce que l’on a abusé d’artifices de forme pour casser les procédures engagées contre des « puissants », qui finissent par échapper à toute sanction, l’impression d’impuissance des juges a été accréditée.
Le balancier va trop loin à droite, qu’il a été trop loin à gauche. Mais les intentions politiques s’atténueront au fil du temps pour faire place à un usage. L’équilibre de l’équité devra être trouvé en dehors des positions partisanes :
Les juges, les avocats, devront améliorer le bon exercice de leurs fonctions, dans le cadre de lois qui ne les briment pas, dépassant la forme, pour s’intéresser davantage au fond des affaires. Les fonctionnaires de police se rappelleront qu’ils ont un code de déontologie à respecter et leur hiérarchie devra veiller à éviter les bavures qui diminuent la confiance qu’ils méritent par ailleurs. Utopie ?...
La balance de la justice est symbole d’équilibre : il faut le trouver dans la pratique !
Raymond BELTRAN
le 16 janvier 2003