Chaque participant a son message à délivrer même si les affrontements d’idées y sont rares. Plutôt qu’à une controverse allant au bout des arguments, l’on assiste à une juxtaposition des prises de position. Mais des analyses pertinentes d’éditorialistes ou d’experts permettent souvent de mieux comprendre le sujet traité et obligent les participants à préciser leur pensée.
Ces débats sont utiles à qui veut s’informer et ils caractérisent l’actualité : C’est ainsi que nous entendons aujourd’hui beaucoup parler de laïcité par rapport à la place de l’Islam dans la société française. Les élus politiques, majorité et opposition, y font passer le message laïque que les religions doivent respecter les lois de la République, ce qui suppose le respect des croyances des autres, donc la liberté de croire ou de ne pas croire, dans l’égalité de tous les citoyens.
Nous avons remarqué le désir des religieux présents à ces émissions de voir se développer le communautarisme en France : 36 % de musulmans pratiquants en représenteraient la totalité. Tant pis pour les 64 % autres, représentés ainsi auprès des autorités par des associations religieuses, même s’ils sont non-croyants.
Notre écoute ne nous a pas permis d’entendre une prise de position claire des religieux à propos de la manière dont sont traitées les jeunes filles musulmanes dans les banlieues, au nom des traditions religieuses.
Le progrès qu’a constitué l’Islam pour les femmes au VIè siècle, ne justifie pas des comportements actuels de minoration sociale, conformes à la charia, mais contraires à la loi républicaine. Les femmes ne peuvent pas « valoir » juridiquement une moitié d’homme. La loi civile doit primer devant la tradition religieuse. Les mariages forcés, avec retour dans le bled, ne sont pas acceptables pour des jeunes filles vivant en France.
Raymond BELTRAN
le 12 décembre 2002