Donc, les « représentants du peuple » votent au nom des citoyens les règles qui s’appliquent à tous. Mais il ne faut pas que la « représentation » se transforme en « confiscation » du pouvoir. Il ne faut pas que ce peuple, que l’on invoque souverain, soit dessaisi et limité au seul tri parmi les candidats proposés par les partis. La démocratie formelle, réduite au seul vote-justification, est la porte ouverte aux aventures, dans l’indifférence de l’opinion.
Pour que cette souveraineté soit réelle, il est nécessaire que les citoyens soient informés, qu’ils aient connaissance d’un compte-rendu de mandat des élus sortants et que les périodes d’élection soient des périodes de « mandature ».
Respecter le peuple c’est lui dire, aussi responsables dans la majorité que dans la minorité, que certaines décisions s’imposent, que leur adoption doit faire consensus et qu’une majorité d’idées peut exister sur des sujets de société.
Respecter le peuple c’est le considérer digne de comprendre l’intérêt général et ne pas lui offrir un catalogue flatteur de promesses d’opposant quand on est minoritaire pour, une fois devenu majoritaire, faire tout autre chose.
Respecter le peuple c’est lui présenter le débat dans la clarté en se positionnant clairement par rapport aux choix possibles. C’est le consulter sur les choix essentiels et le responsabiliser en lui fournissant les arguments qui justifient la proposition soumise au verdict des urnes. Cacher les débats c’est s’exposer ensuite à l’accusation de trahison et discréditer la chose publique, la « Res-Publica ».
Sans débat il n’y a pas de démocratie réelle. Il n’y a alors que le discrédit, souvent injuste, mais que nous ne constatons que trop et qui se justifie, malheureusement, parfois.
Raymond BELTRAN
le 05 décembre 2002