Pourtant, en politique, flatter les électeurs c’est de la démagogie. C’est les tromper en leur laissant croire que cette flatterie leur sera bénéfique, en supposant qu’ils ne comprendront que la satisfaction de leur égoïsme. Tant pis pour l’intérêt général qui demande du courage pour le défendre... Si l’on veut se faire élire il vaut mieux ne pas affronter des intérêts particuliers en disant la vérité !
Guy Béart chantait naguère : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ». La société a du mal a accepter les vérités. Elles fâchent, dit-on. Alors on vit dans le mensonge flatteur. On n’ose pas démentir les « informations fausses », les rumeurs qui s’installent dans l’opinion. L’on suit le courant sans s’y opposer...
De temps en temps, une figure morale traverse le paysage, tel Pierre Mendès-France, mais il a été vite balayé par ceux qui suivent le sens du poil sans prendre de risques. Si, lui, est demeuré dans notre mémoire, ceux qui surnagent sont rapidement oubliés et retombent vite dans leur insignifiance.
Les dernières élections nous ont fourni un exemple du non-débat pour éviter les sujets qui fâchent, sans convaincre personne. De ce non-débat a résulté le désintérêt qui a amené à l’abstention massive. Pas de débat, non plus, dans les partis politiques au niveau des militants de base, sur les enseignements à tirer de ces élections. Mais récupération, par contre, par des « chefs qui ne se trompent jamais », des prises de position qui leur permettront de se compter pour exercer leur pouvoir partisan.
Au lieu de rétablir des vérités, l’on évite les débats sur les sujets cruciaux comme l’Europe en devenir, la décentralisation, la mondialisation. Il ne faut mécontenter personne... Mais, sans courage en politique, où est la démocratie ?
Raymond BELTRAN
le 28 novembre 2002