


L’intérêt général ?
Par raymond beltran, à 17:23 :: Démocratie :: #271
L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers. Ceux-ci sont divergents selon les corporations. Les représentants de ces intérêts estiment que leur fonction est de les défendre sans s’occuper de leur priorité par rapport aux autres.
Leurs revendications représentent des catégories sociales et sont, certes, collectives, mais elles se juxtaposent en s’opposant souvent les unes aux autres.
Tout le monde a droit, en démocratie, à faire entendre sa voix. Tout le monde doit pouvoir défendre son point de vue. Il serait très dangereux d’interdire cette expression, car toute interdiction devient vite habitude de museler et elle mène rapidement à l’arbitraire et à la dictature.
Sans la diversité des expressions on n’est plus dans un système démocratique. Mais qu’il est difficile de faire coexister ce principe avec les méthodes fortes par lesquelles certains imposent à d’autres leur point de vue particulier ! Les dérapages sont fréquents et d’autres catégories se ressentent otages de ces actions de force. Des traditions de violence sont très prisées par certains et la force est souvent préférée par eux à la démocratie.
La concertation, la mise à plat des problèmes réels, confrontés aux intérêts de tous, serait un moyen d’atténuer les oppositions et de trouver des solutions moyennes de compromis. Ce mot « compromis » connoté maintenant d’un sens péjoratif en français, mais qui avait étymologiquement une signification, conservée en castillan, d’engagement réciproque.
Il faudrait, pour cela, que le débat s’instaure, que l’on avance des arguments catégoriels et qu’on les confronte à d’autres, que l’on accepte la transparence sur les situations réelles et que l’on accepte de se soumettre, après, à l’arbitrage de l’intérêt général.
L’intérêt général, c’est l’Etat qui doit en être le garant. C’est à lui qu’il appartient de substituer, à la somme des intérêts particuliers, la synthèse de ceux-ci. Le contrat de gouvernement, passé avec le pays au moment des élections, devrait établir une doctrine d’Etat équitable, un langage de vérité et ne pas représenter seulement les intérêts particuliers d’une partie de l’électorat. Utopie ?...
Raymond BELTRAN
le 21 novembre 2002
