VGE y confie : « le pape m’a exposé trois soucis concernant le contenu religieux et spirituel de la future constitution » et, pour lui donner satisfaction, « nous travaillons dans ce sens ». Berlusconi espère pouvoir faire signer à Rome ce traité constitutionnel, au second semestre 2003, lors de la présidence italienne.
Nous, les laïques, ne contestons pas que le christianisme a joué un rôle très important, en bien et en mal, dans l’histoire de l’Europe entre le IVè et le XXè siècle. Cependant, n’oublions pas ce que les Grecs et les Romains ont représenté dans la construction de la civilisation européenne (...de la mythique Europè).
N’oublions pas l’apport à notre culture des arabes d’El-Andalous avec Averroès et d’autres. N’oublions pas que, des Balkans à la Grèce, une partie importante de l’Europe de l’Est a vécu sous domination ottomane du XVè au XXè siècle. N’oublions pas le rôle d’intermédiaire que les juifs ont joué entre Cordoue et Bologne ou Montpellier dans la redécouverte de la civilisation greco-latine dès le Moyen Age et dans la transmission de connaissances scientifiques.
Dans la future « Constitution » européenne, il n’est pas question pour nous d’oublier le passé, mais nous voulons gommer les oppositions et ne pas mettre en évidence une religion pour mieux écraser la mémoire des autres. La question importante n’est pas l’affichage des « croisades » du passé mais la recherche d’un avenir commun, malgré les oppositions de l’histoire.
La prise en compte de la séparation des églises et des Etats est gage de liberté de conscience partout. Nous ne sommes pas seuls à l’avoir compris en Europe. C’est pourquoi certains voudraient gommer les acquis laïques pour aboutir à la confusion entre Eglise et Etat et à encourager la séparation par communautés selon les confessions. Cela est une régression. Ce n’est pas en exacerbant ce qui a séparé les nations que l’on pacifiera les relations futures entre les peuples.
Raymond BELTRAN
le 07 novembre 2002