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Par raymond beltran, à 17:53 :: International :: #276
Un responsable de la Ligue (régionaliste) du Nord, faisant partie de la majorité de Berlusconi, voulait imposer le crucifix dans les écoles publiques d’Italie, afin de repousser le Coran. La polémique a fait rage à partir de cette initiative, avant que le Ministère ne renonce à son application.
Car, en Italie, contrairement aux idées reçues, la séparation de l’Eglise et de l’Etat est inscrite dans la Constitution. Si le mot « laïque » n’y figure pas, il est compris des Italiens.
La Repubblica a qualifié cette proposition de loi de « xénophobe », qui voulait exclure les musulmans. Il Manifesto considère que c’est « l’amorce d’un retour à l’idée rétrograde d’une religion d’Etat » et que ce serait « une offense faite à la laïcité ainsi qu’aux citoyens italiens non catholiques ».
La Stampa remarque que « l’Europe a indéniablement des racines chrétiennes mais qu’elle a aussi mûri et développé son identité au travers de comportements et de raisonnement laïques ».
A travers les prises de position des journaux italiens d’opinion nous retrouvons les idées que nous développons : l’important n’est pas la reprise du mot laïcité, aux traductions approximatives, mais de comprendre son sens universel.
La laïcité est le rejet de l’exclusion des autres et de la séparation selon les origines familiales ou la religion professée. Elle est le respect de tous à travers la liberté qu’elle garantit de croire ou de ne pas croire. Elle refuse les religions d’Etat et elle exige donc la séparation de l’Eglise d’avec toutes les institutions publiques.
Le respect des croyances ou de l’agnosticisme ne peut être assuré que par la neutralité de la puissance publique, qui n’a pas à se mêler des choix personnels de chacun ni à arbitrer les divisions entre communautés religieuses ou ethniques.
Raymond BELTRAN
le 17 octobre 2002
