Nous avions pu prendre connaissance de l’existence de ces « prisons » par un documentaire que ARTE a rediffusé encore cet été. Des jeunes filles orphelines étaient envoyées de force dans ces institutions. Elles entraient jeunes, et, sans qu’elles aient « prononcé des vœux », ne pouvaient jamais en sortir.
Elles étaient utilisées à laver du linge, à le repasser, pour les nombreuses commandes adressées à leur institution. Elles n’avaient durant toute leur vie aucun contact avec l’extérieur, pas de journaux, pas de livres autres que pieux. Travail forcé, non rémunéré, de l’aube jusqu’au soir, dans la chaleur et la vapeur : elles étaient condamnées sans jugement à une perpétuité réelle de travaux forcés, sous une surveillance sans douceur des religieuses !
Des jeunes filles de famille bourgeoise, ayant « fauté » ou seulement soupçonnées de l’avoir fait, y étaient amenées par leur famille, reniées et oubliées là. Les enfants nés dans ces couvents leur étaient enlevés, une fois sevrés, et confiés à l’adoption. Certains, très peu, ont pu retrouver leur mère à la fin.
Nous avons assisté ainsi, grâce à ARTE, à des témoignages bouleversants de celles que la fermeture de ces établissements avait libérées. Car la diffusion des lave-linge domestiques imposa la fin de ces couvents, devenus non rentables. Des femmes vieillies, libres enfin, n’ont pas toujours su s’adapter à la vie extérieure et ont préféré rester dans les murs de ces maisons.
Esclavage digne des sectes ? Négation des droits de l’Homme : hypocrisie d’une société et d’une église se liguant pour faire expier leurs « péchés » à ces jeunes filles !
Raymond BELTRAN
le 19 septembre 2002