Cela permet aux croyants de se débarrasser des alluvions apportées par l’éloquence des commentateurs et des anachronismes qu’ils y ont ajoutés pour les faire coïncider avec les besoins de l’apologétique.
Les légendes ne coïncident pas souvent avec les faits prouvés et les textes « révélés » ont peut-être un caractère symbolique pour ceux qui y croient, mais ils ne sont pas pour autant des pièces d’histoire. Souvent ils ont été écrits longtemps après les événements décrits et il arrive que l’archéologie contredise les lieux évoqués.
Au début de cet été a été publiée la traduction d’un ouvrage récent de deux archéologues israéliens intitulé « La Bible dévoilée » (Ed. Bayard). Cette étude conclut que les textes bibliques antérieurs ont été composés au VIIè siècle av. J-C. C’est sous Josias qu’ils ont été écrits pour bâtir une religion autour du Royaume de Juda, au service d’un nationalisme.
Jérusalem au temps du roi David n’était qu’un petit village et on n’a jamais trouvé trace du fameux et richissime Temple décrit dans la Bible et attribué à Salomon. La saga des patriarches d’Abraham aux fils de Jacob n’a pas de fondement historique. Le récit de la sortie d’Egypte serait fictif et des sites bibliques célèbres de l’Exode n’existaient pas alors. Pas plus que la ville de Nazareth n’existait au temps de Jésus « le Nazaréen »...
Si les croyants n’ont pas besoin de preuves historiques pour croire, les non-croyants veulent distinguer ce qui est établi de ce qui n’est qu’article de foi.
Raymond BELTRAN
le 29 août 2002