Ce serment, daté de 1892, avait été modifié en 1954, en plein maccarthysme, avec un ajout précisant que les USA étaient une « nation sous Dieu » (soumise à Dieu).
La Cour, sollicitée par un citoyen qui ne voulait pas que sa fille prête le serment à l’école, lui a donné raison estimant que ces termes étaient en contradiction avec la Constitution des USA qui proclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
La polémique engagée là-bas autour de cet arrêt révèle une fois encore la difficulté pour les milieux cléricaux d’accepter qu’il puisse avoir un droit pour les citoyens de ne pas être croyants. Si les laïques admettent la liberté pour les religions, les religieux n’acceptent pas la réciprocité pour les agnostiques.
La tradition est évoquée et, surtout, l’invocation « que nous recevons nos droits directement de Dieu » selon G. W. Bush. L’usage légitimerait le texte de 1954 et les libertés ne devraient être que celles permises par la religion...
« La question de la laïcité n’est pas moins sensible aux EE. UU. qu’en France » note Le Monde de dimanche dernier. Ne l’oublions pas au moment où se prépare la future Constitution de l’Europe, si nous voulons préserver l’avenir.
La laïcité est la seule garantie de la liberté de croyance et de non-croyance pour tous. Elle se traduit par l’inscription dans les textes fondamentaux de la séparation de l’Etat (de son fonctionnement, avec l’indépendance des lois qui régissent la société civile) de toute pression exercée au nom d’une religion.
Raymond BELTRAN
le 04 juillet 2002