


Démocratie en cause
Par raymond beltran, à 10:13 :: Démocratie :: #293
« Jamais nous n’avons eu affaire à une telle déconnexion entre un vote législatif parfaitement clair et un pays plus que jamais incertain » écrivait le directeur du Monde le 18 juin.
Nous sommes très sensibles à la progression des abstentions. Désintérêt de la chose publique ? Non !... Discrédit de la représentation nationale ? Oui !... Nous sommes loin du « sursaut républicain » après le 21 avril, avec des jeunes majoritairement absents des urnes les 9 et 16 juin !
Il y a eu une majorité large à droite. L’opposition de gauche n’a pas été écrasée. Mais il y a eu un malentendu, un fossé de plus en plus grand et qui continue à s’approfondir, entre l’électorat et les représentants élus. Ceci est un danger pour la démocratie.
L’alternance n’est pas dangereuse : elle est constitutive de la démocratie, car si l’alternance n’existait pas nous serions en régime totalitaire. Ce qui est dangereux c’est les renversements de majorité à chaque scrutin, qui ne laissent pas poursuivre l’action entamée. Ce qui est surtout dangereux est le manque de crédit (d’assise populaire) de majorités larges en sièges et étroites en voix par rapport aux inscrits.
Le danger vient de cet écart croissant entre le peuple souverain et une représentation de plus en plus incomprise. Le danger est que ce divorce grandit et qu’il ne peut amener qu’à des aventures !
Si pour Montesquieu la vertu était le fondement de la démocratie, que peut-on penser de l’absolution donnée par le suffrage universel à des élus mis en examen par la justice, accusés du non-respect des lois qu’ils ont rédigées ? Est-ce par ces moyens que l’on espère redonner confiance aux citoyens ou veut-on que se répande encore le « tous pourris » qui ronge la démocratie ?
Raymond BELTRAN
le 20 juin 2002
