La rémunération des personnels enseignants des établissements privés coûte à l’Etat près de 35 milliards de francs. S’ajoutent environ 3 milliards pour le fonctionnement de ces établissements, sans compter encore 3 milliards pour le privé agricole catholique et les subventions pour les instituts catholiques d’enseignement supérieur.
Le déficit de l’assurance maladie et vieillesse des cultes est également pris en charge par l’Etat. La restauration et l’entretien des églises est aussi à charge des institutions territoriales. Odon Vallet évalue à environ 50 milliards le total utilisé, soit à peu près 15 % de l’impôt annuel sur le revenu. A comparer avec les 10 % de l’impôt versé aux églises en Allemagne au titre de l’impôt ecclésiastique.
Se pose la question de l’égalité de traitement avec d’autres cultes et, surtout, est-ce normal que les athées et les agnostiques financent indirectement par leurs impôts le fonctionnement des cultes ? Il serait temps de revenir à l’application de la loi de séparation.
Malgré son lobbying, réclamant toujours plus la hiérarchie catholique n’a pas à se plaindre de l’Etat laïque. Les dérives élargissent toujours les brèches déjà existantes du fait des lois Baranger, Marie, Debré et autres, intervenues après la guerre.
Et, puis, insidieusement, l’on voudrait faire disparaître l’adjectif laïque de nos institutions, pour reconnaître les communautés religieuses, et les prendre en charge comme en Alsace ! Pauvre loi de 1905 !
Raymond BELTRAN
le 23 mai 2002