


L’ombre de Weimar
Par raymond beltran, à 10:41 :: Démocratie :: #300
L’histoire ne se répète pas. Les circonstances ne sont pas toujours identiques. Mais il y a des phénomènes de balancier qui ramenèrent en arrière. La mémoire devient défaillante. La gravité des faits s’atténue...
Comment ne pas penser à Weimar ? Il n’y a pas le traumatisme de la guerre 14-18, mais il y a la remise en mémoire d’événements en Algérie, toujours niés. Il y a le discrédit d’une classe politique, accusée d’avoir plongé dans les affaires, de les avoir tolérées et de s’auto protéger. C’est injuste pour la majorité des élus, mais malheureusement trop vrai pour certains.
Comment ne pas penser à Weimar dans un contexte européen, comme dans les années 20-30, de progrès électoral des partis populistes en Danemark, aux Pays Bas, En Autriche, en Italie, etc. ? Comment ne pas y penser dans ce contexte d’éparpillement entre des partis maximalistes partisans du tout ou rien, se combattant entre eux, satisfaits d’être arrivés enfin à rien, contents d’avoir eu raison contre les autres !
Eparpillement des voix. Affaiblissement des partis politiques. Le contexte est bon pour toutes les aventures : discours démagogique plutôt que débat sérieux. Manque de courage pour dire la vérité. Préférence pour les idéologies et les classifications immuables qui oublient la sociologie...
Les exigences corporatistes particulières priment l’intérêt général. Faute d’obtenir satisfaction plutôt laisser la place à ceux qui imposeront le contraire que d’accepter un compromis !...
La démocratie est en danger. Les valeurs républicaines aussi sont attaquées des deux côtés : que restera de la laïcité si les laïques ne se mobilisent pas ?
Raymond BELTRAN
le 25 avril 2002
