Il est intolérable que des policiers, des médecins, des pompiers, etc. se fassent "caillasser" par des jeunes "caïds" de quartier ou de cité, comme s'ils n'étaient que des bandes rivales dans un jeu de pouvoir. Il est inadmissible qu'ils soient l'objet de tirs avec armes à feu quand ils exercent le rôle que la société leur demande de remplir.
S'il est normal que, détenteurs d'une autorité d'ordre public, on demande aux policiers de l'exercer avec mesure et tact, dans le respect de la loi, avec des répliques appropriées, il est malsain que l'on justifie systématiquement l'opposition de certains jeunes à leur égard.
L'on aboutit ainsi à considérer que le délinquant ne doit courir aucun risque et que le policier a toujours tort. Cela conforte certaines bandes à considérer que l'on a des excuses à ne pas respecter la loi républicaine, et qu'il est légitime que chacun fixe sa propre loi.
Les voitures incendiées dans les cités ne sont pas seulement celles d'anonymes. Elles appartiennent à des voisins, à des semblables, habitant les mêmes lieux. Il est intolérable que ces destructions apparaissent comme un moyen légitime de défense contre la société. Pas plus que ne l'a été, récemment, l'incendie de la gare de Lézignan par un certain commando !...
Autant nous sommes partisans des mesures favorisant l'intégration sociale, parce que nous combattons toutes les discriminations, autant nous refusons d'accepter cette impunité fataliste dans laquelle l'on se complaît.
Raymond BELTRAN
le 10 janvier 2002