


Droit d’exister de l’individu citoyen
Par raymond beltran, à 15:30 :: République :: #341
Notre refus du « communautarisme » en tant que modèle d’organisation sociale est contesté par certains, ceux qui contestent également la laïcité comme moyen d’appréhender la vie réelle de chacun.
Lutter contre le communautarisme n’est pas nier l’existence de liens entre des individus ni l’existence souhaitable de communautés d’idées, de pensée, d’affinités...
Ce n’est pas prôner l’individualisme, mais reconnaître aux individus le droit d’exister en dehors de leur groupe, sans les enfermer dans un archétype les représentant dans leur totalité politique et religieuse, sans que l’on assimile origine maghrébine ou turque à musulman, nom séfarade à juif pratiquant ou nom latin à catholique...
Nous refusons le « communautarisme » qui se traduit par des quotas de représentation dans les Institutions, selon les croyances, les modes de vie ou les origines ; qui se traduit par une appropriation des individus par des tutelles ethniques ou religieuses.
Nous n’avons jamais prétendu que la laïcité impose dans la vie privée l’irréligion de chacun. Mais nous prétendons que ceux qui veulent choisir une spiritualité agnostique sont libres de leur choix. Ils ne doivent pas être marginalisés par un cadre religieux imposé sous prétexte de continuité d’une tradition. Nous ne prétendons pas imposer l’incroyance, mais nous revendiquons, bien au contraire, la liberté de croire ou de ne pas croire.
Nous prétendons que la laïcité facilite la vie commune dans la société, en ignorant les croyances individuelles ou collectives, dont nous ne nions ni l’existence ni le droit.
Notre conception de la République est celle de l’unité de la nation et de l’égalité des citoyens, qui n’exclut pas les différences dans leur vie privée. Mais nous ne voulons pas que ces différences privées s’imposent aux citoyens dans la vie publique et dans l’organisation des institutions républicaines.
Raymond BELTRAN
le 22 novembre 2001
