C’est ignorer que l’Islam a aussi connu des périodes d’intolérance et de rigorisme et que le Coran contient des sourates d’appel à la guerre contre les infidèles. Cela n’est pas une invention des extrémistes : c’est pourquoi leurs appels ont une telle résonance dans les milieux musulmans.
Les laïques ne font pas preuve d’angélisme en affirmant que les musulmans ont le droit de croire, à l’égal des chrétiens, des juifs, ou de ne pas croire, à l’égal des agnostiques de toute origine. Mais ils s’opposent à tous ceux qui veulent imposer par la force leur conviction.
Notre République accueille des citoyens, qu’elle intègre dans la nation française. Notre tradition républicaine refuse leur ségrégation d’après leur religion, donc leur représentation collective par des dignitaires religieux, porte-parole autoproclamés, selon leurs origines. Ce serait emprisonner ces citoyens dans un moule communautaire dont ils ne seraient que des éléments, sans droit à l’expression individuelle.
C’est pourquoi nous trouvons très choquant et contraire à la loi de séparation de 1905 le fait de valoriser les « communautés » religieuses dans des cérémonies officielles. Cela revient à considérer que l’individu n’existerait qu’en fonction de sa religion supposée, liée à son origine ; que l’agnostique et l’incroyant n’existeraient pas. C’est anticonstitutionnel : la France est un pays laïque.
Raymond BELTRAN
le25 octobre 2001