Beaucoup d’entre eux ont fait des études, souvent poussées et, fréquemment, de caractère scientifique. Cela ne préserve pas du fanatisme religieux quand on dénigre les connaissances qui engagent la raison face aux « vérités » théologiques dites d’essence supérieure... Sont-ils seuls à tenir ce raisonnement ?
Au XVIIIè siècle, le Chevalier de la Barre fut condamné et exécuté parce qu’il ne s’était pas décoiffé au passage du Saint Sacrément. Les taliban exécutent ceux qu’ils qualifient d’apostasie parce qu’ils disent qu’avant la création de l’Islam on ne pouvait pas être musulman.
Nous sommes aujourd’hui à l’aube du XXIè siècle et tout recommence dans des pays tombés sous la férule islamiste. Aux malheurs économiques et politiques s’ajoutent encore les contraintes, insupportables, du domaine religieux, condamnant les habitants de ces pays pauvres à une vie inspirée par des préceptes ramenés au VIè siècle.
Que sont loin les efforts des modernistes de l’Université El Azhar du Caire au XIXè siècle pour « rouvrir les portes » de l’interprétation du Coran, figée depuis le XIIè siècle, afin d’adapter leur religion au monde réel !
Faut-il approuver ce retour à l’obscurantisme des « masses » afin de justifier une réaction contre des fautes économiques de l’Occident ? Faut-il pour pratiquer sa religion tuer sans compter les « infidèles » tout autour ?
Notre choix laïque est de favoriser la vie commune, non l’exclusion. Quand cette dernière existe, nous la combattons. Ce n’est pas en s’opposant aux autres que les musulmans vivant en France se feront reconnaître un droit minoritaire. C’est en s’intégrant à la vie nationale, non en épousant des querelles extérieures au nom d’une identité communautaire.
Ils y gagneront le droit d’être différents dans leur pratique privée de la religion, mais sans être des citoyens soumis à un droit différent qui les ramènerait à n’être que des citoyens de seconde zone.
Raymond BELTRAN
le 04 octobre 2001