


Terrorisme ou démocratie en Corse ?
Par raymond beltran, à 16:56 :: Société :: #364
Nous combattons les nationalismes qui excluent, et qui cherchent une pureté raciale (l’on dit maintenant ethnique), qui veulent maintenir une illusoire culture pure en s’isolant des autres. Ainsi, la situation en Corse nous interpelle.
Après des années de violence, nous ne voulons pas contrarier la moindre avancée vers l’apaisement. Mais nous continuons à nous interroger sur certaines évolutions indépendantistes et sur le poids de ceux-ci (17 % des électeurs) dans le processus engagé. Il est vrai qu’ils détiennent les bombes et qu’ils n’hésitent pas à employer certaines méthodes terroristes.
Leonardo Sciascia, écrivain sicilien, décrit dans ses Nouvelles comment les carabiniers, impuissants à confondre les meurtriers, comptent les morts des « cosches » en attendant la trêve qui instaure de nouvelles hiérarchies entre les « familles ».
Nous constatons que dans les milieux nationalistes corses l’on confond souvent action politique et relations avec « le milieu », que l’on ne condamne pas les crimes de sang et que l’on pratique des « règlements de compte », dont on ne sait pas s’ils concernent des opérations maffieuses ou la suppression de rivaux politiques.
Les événements récents, déjà 15 morts depuis janvier, les attentats qui se poursuivent, même s’ils sont moins nombreux, nous interrogent sur la nature de la démocratie et du système économique qui s’instaurera dans une Corse indépendante.
Mais, au juste, la population corse veut-elle majoritairement de cette indépendance ?
Raymond BELTRAN
le 23 août 2001
