La démocratie repose sur les piliers du vote libre et de l’Etat de Droit. L’opposition des deux ne conduit qu’à la démagogie et à l’étouffement de la démocratie.
Mais l’équilibre entre démocratie et démagogie est difficile quand on veut être élu : des politiques disent, avec démagogie, que leur seul juge est le suffrage populaire ; ils se considèrent absous des poursuites judiciaires par la confirmation d’une confiance renouvelée : « la prime à la casserole ».
Avec l’argument absolutoire de l’appui de son opinion publique, Slovodan Milosevic a failli ainsi échapper à la justice du TPI, et d’autres y échappent encore. Des manifestants les défendent. Après la mort de Franco, des nostalgiques avaient montré l’existence populaire d’un fascisme prolongé. Après les attentats de l’ETA, des manifestants ont glorifié des terroristes victimes de leurs propres bombes. Les manifestations contre l’ETA ne la font pas céder, malgré sa défaite électorale, et elle garde des sympathisants actifs, contre la démocratie.
La manifestation est une forme d’expression libre, une soupape permettant de faire connaître des aspirations, des exigences. En démocratie, si elle se substitue au suffrage, c’est le triomphe du populisme.
Considérer que le vote absout... c’est oublier que Hitler fut élu. Considérer que l’expression populaire est au-dessus de la loi revient à dire que les rassemblements populaires du fascisme le légitimaient. Il n’y a de démocratie sans Droits de l’Homme, sans le Droit.
Raymond BELTRAN
le 02 août 2001